Travailler moins, travailler tous pour travailler mieux : 10 ans après les 35 heures

Résolution adoptée en Conseil National des Jeunes Socialistes les 6 et 7 février 2010

Dix ans après leur mise en place et huit ans après le retour de la droite au gouvernement, la
Réduction du Temps de Travail est toujours pointée comme étant à l’origine de quasiment tous les
maux de la société. Quasiment pas un jour ne passe sans que la référence aux 35h ne soit faite
pour dédouaner la responsabilité du gouvernement sur la situation actuelle du marché de l’emploi.
Il y a dix ans, le Medef prédisait le chaos, les 35 heures allaient provoquer la ruine de l’économie
française. Or, force est de constater que cette réforme du temps de travail a été le symbole des
avancées sociales du début des années 2000. L’Insee a indiqué que les 35 heures ont créé plus
de 350 000 emplois entre 1998 et 2002 et les salariés ayant bénéficié de la réduction du temps de
travail en sont satisfaits.
Depuis maintenant huit ans que la droite est au gouvernement, les occasions de rayer les 35
heures du paysage social français n’ont pas manqué. La droite a fait le choix de ne jamais mettre
en cause l’allusion aux 35 heures dans le code du travail afin de permettre de les utiliser comme
bouc-émissaire de l’échec de sa politique. Pourtant, tous les mécanismes les détournant, les
détricotant, les massacrant, les lois successives sur le temps de travail ont eu pour conséquence la
possibilité de supprimer de fait la RTT ou, au minimum, l’esprit pour lequel elle a été pensée et
mise en oeuvre.
Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes socialistes réaffirment leur attachement à la réduction du
temps de travail et aux 35 heures et considèrent qu’il est désormais temps d’aller plus loin encore
vers la société du temps libéré.
Lorsque le gouvernement, pour tenter de minimiser la hausse du chômage, organise et facilite le
chômage à temps partiel, il effectue en réalité et sans jamais l’admettre une forme de réduction du
temps de travail. Les socialistes, dans certaines collectivités, ont favorisé l’utilisation du temps de
non-activité pendant le chômage partiel pour effectuer des formations professionnelles : c’est là la
mise en oeuvre d’une forme de sécurité sociale professionnelle que la droite ne souhaite pas voir
apparaître.
Les 35 heures étaient un pas vers la société du temps libéré. La réduction et l’aménagement du
temps de travail doit être approfondie pour créer de nouveaux emplois. Les jeunes socialistes
défendent les 32 heures hebdomadaires et la semaine de 4 jours dans un projet de société, celle
du temps libéré où l’activité émancipatrice est encouragée, où la répartition des richesses est
rééquilibrée, où le travail salarié n’est pas la seule activité reconnue socialement, où tous les
différents temps d’activité sont pris en compte à leur juste valeur pour les droits sociaux, où
l’homme ne vit pas pour travailler, où le loisir est un droit.

Les 14 propositions sur l’emploi des jeunes

Samedi après midi, ce sont plus de 300 jeunes qui étaient rassemblés au local de campagne de Jean-Paul Huchon pour découvrir les conclusions du débat national sur l’emploi. Ali Soumaré, tête de liste dans le Val d’Oise, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Île-de-France et Benoit Hamon, porte-parole du Parti Socialiste ont pris la parole lors de cet après-midi. Des deux mois de débats partout en France sont ressortis 14 propositions phares

Former et insérer durablement les jeunes dans l’emploi

1. 100% d’une classe d’âge qualifiée
2. Donner à chacun les moyens de réussir : une allocation d’autonomie et d’insertion
3. Insérer les jeunes dans la durée : missions locales et cellule d’insertion
4. Une agence régionale de soutiens aux créations de PME et à l’insertion des jeunes

Lutter contre les discriminations

5. Un pôle public de lutte contre les discriminations
6. Egaux devant l’adresse et CV anonyme
7. Oeuvrer à l’égalité homme-femme

De nouveaux droits pour les jeunes salariés : des droits pour tous

8. Universaliser l’accès aux délégués syndicaux, CHSCT et comités d’entreprise en les développant à l’échelle territoriale
9. Faire du CDI la norme : taxer l’emploi précaire
10. Augmenter les salaires et garantir la reconnaissance salariale des qualifications
11. L’économie sociale : la démocratie comme mode d’organisation

Un nouveau modèle de développement : de nouveaux besoins, de nouveaux métiers

12. Les services publics du XXIe siècle : une nouvelle politique de l’emploi public
13. Une planification sociale et écologique : créer des emplois durables
14. Pour une agriculture paysanne, locale, écologique et de qualité

Emploi des jeunes : la situation se dégrade !

Il faut se défaire de l’idée que la jeunesse est l’âge de l’insouciance. Particulièrement en France. A cet âge charnière où il faut quitter le nid, le premier battement d’aile est de plus en plus difficile. Le taux de chômage des jeunes est aujourd’hui deux à deux fois et demi supérieur à celui de leurs aînés. Pour les 15-24 ans, il atteint 20,4%, alors qu’il n’est que de 7% pour les 25-49 ans, selon des chiffres de l’Insee parus en mars 2009.

Aujourd’hui, 62% d’une classe d’âge obtient le bac contre 35% il y a vingt ans. Mais jamais une génération n’a autant peiné à intégrer le monde du travail. Olivier Galland, directeur de recherche au CNRS, souligne dans une interview à Libération que « le système méritocratique ne fonctionne plus dans une école de masse. » Pour la nouvelle génération, le diplôme protège moins contre le chômage. Et certaines filières sont dévalorisées. Face à cette situation, le système éducatif se doit d’être repensé de manière à mieux lier formation professionnelle et études, favoriser les itinéraires d’alternance entre études et emploi. Or aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit : la loi relative à « l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie » entrée en vigueur le 26 novembre 2009 a en effet remis en cause les stages « non intégrés à un parcours pédagogique ». En d’autres termes, les stages volontaires l’été, qui permettaient aux étudiants de se forger une première expérience, ne sont en principe plus possibles.

Les jeunes actifs ont été les premières victimes de la crise. Derniers arrivés au sein des entreprises, souvent employés en CDD ou en mission d’intérim, ils ont été les premiers remerciés. Actuellement, 20,2% des 16-25 ans ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté, contre 13% pour l’ensemble de la population. Mais alors qu’ils souffrent d’une situation moins enviable que leurs aînés, les plus jeunes ne bénéficient pas des mêmes aides à la formation que les autres travailleurs. Et tous ne peuvent pas se raccrocher à un soutien familial. Il est donc urgent que les 16-25 ans puissent bénéficier des mêmes droits que l’ensemble de la population active. Celle-ci doit être renforcée par une allocation spécialement allouée au jeune, dont le montant serait calculé en fonction de ses revenus et non pas de ceux de ses parents, afin de développer son autonomie.

Pouvoir d’achat, illustration de la politique anti-sociale du gouvernement

ImageLe pouvoir d’achat des Français baisse, il est même en chute libre. Le revenu salarial stagne depuis le début des années 80. Les contrats précaires se multiplient. 1,5 million de salariés vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le nombre de salariés au SMIC a doublé depuis 2002.

Toutes ces affirmations proviennent de l’INSEE et ne font que décrire une situation économique et sociale catastrophique, caractérisée par une précarisation accrue dont les jeunes, les femmes et les ouvriers sont les premières victimes.

Que fait la droite face à cette situation ?

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