Revue de presse MJS 33 : Sud Ouest dimanche, 17/10/2010

Sud Ouest dimanche_17 octobre 2010 08h40 | Par Jacky Sanudo

Réforme des retraites : Lycéens et étudiants ont rejoint les cortèges

Les jeunes ont rejoint les cortèges hier. La bataille des chiffres fait rage, mais la mobilisation était jugée satisfaisante par les syndicats

En queue du cortège bordelais, Sandra, présidente de l’Unef, donne le « la ». PHOTO THIERRY DAVID

Cette fois, c’est le grand écart. D’après le comptage de la CGT, ils étaient près de 3 millions de manifestants hier en France, soit sensiblement le même nombre que mardi dernier. De son côté, le ministère de l’Intérieur a avancé le chiffre de 825 000 personnes et ne s’est fait pas prier pour signaler « le plus bas niveau de participation » depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, le 7 septembre. À Bordeaux, la guerre des chiffres a également eu lieu. Les syndicats dénombrent 130 000 personnes, la police, 10 fois moins. Comprenne qui pourra…

En ce qui nous concerne, nous parlerons d’un cortège fourni, que l’Unsa et les syndicats de l’éducation ont eu le privilège d’ouvrir. La CGT, la CFDT, la CFE-CGC, SUD, Solidaires et FO suivent dans cet ordre. Arrivent ensuite ceux sur qui se portent toutes les attentions du jour : les lycéens et les étudiants, entrés bruyamment dans le mouvement cette semaine.

« Pas là pour sécher »

« Sarko, t’es foutu, les lycéens sont dans la rue », « Mon papi m’a pris mon job », « Vieux mal retraités, jeunes maltraités », « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère » : les banderoles donnent le ton. Le tube du jour est chanté sur l’air de « Pirouette cacahuète » : « Il était un petit homme. […] Ta réforme est en carton. […] Ta réforme on n’en veut pas ! » Au rayon des slogans : « Un pas en avant, trois pas en arrière, c’est la politique du gouvernement », « Sarko, serre les fesses, on arrive à toute vitesse. »

À Bordeaux, après les neuf interpellations de lycéens la veille, un service d’ordre a été mis en place, avec une double surveillance, plutôt discrète, de syndicalistes rompus aux joutes de rue. Quelques pétards qui explosent et un fumigène qui n’a pas fait long feu ne rentreront même pas dans le domaine des incidents.

Nicolas, scolarisé à Magendie, porte le brassard jaune de l’organisation : « Nous pensons qu’une réforme est nécessaire, mais pas celle-là. Les emplois non libérés par les seniors ne seront pas pour nous. C’est mathématique. On nous discrédite, on nous croit incapables de penser par nous-mêmes, mais on se trompe. Si nous manifestions juste pour sécher les cours, on ne serait pas là un samedi. »

Combien étaient-ils, d’ailleurs, ces moins de 20 ans regroupés sous la bannière lycéenne et étudiante ? La question semble les préoccuper. « Là, on arrive place Gambetta, et nous allons être comptabilisés. Alors je ne veux personne sur les trottoirs, car ils ne seront pas pris en compte », lance la jeune fille juchée sur la remorque de la fourgonnette. À vrai dire, ils étaient un petit millier, si on ajoute les étudiants.

« C’est vrai qu’on leur a donné quelques conseils de vieux briscards, mais en aucun cas on ne les manipule », assure le cégétiste Fabrice, dont le fils est un des meneurs de Michel-Montaigne. D’autres parents, également dans le cortège, viennent voir si tout se passe bien. Rien à signaler. Et quand les forces de l’ordre se laissent voir, les lycéens entonnent : « Les flics avec nous ! »

Dans les rangs des étudiants, on est moins « foufous ». « Nous sommes moins nombreux que mardi. Mais, pour un jour de week-end, la mobilisation est satisfaisante. Dès demain, nous allons convoquer une AG et remobiliser pour être dans la rue mardi à côté des salariés. Ça commence à prendre et, comme pour le CPE, nous espérons bien faire reculer le gouvernement. 25 % de jeunes au chômage, c’est déjà trop. Il faut arrêter les frais », dit Sandra, présidente de l’Unef 33 et étudiante à Bordeaux 3.

« Durcissement »

« Depuis mai, on demande à être entendus. Ce n’est toujours pas le cas, alors je crains fort que l’on n’aille vers un durcissement du mouvement et que la France ne tarde pas à être bloquée. C’est de notre avenir qu’il s’agit », assure Juliette, étudiante à l’IEP et responsable des Jeunes Socialistes de Gironde.

Si on ne retrouve pas dans la manifestation la ferveur de mardi, la motivation est toujours là. Les appels à la grève générale se multiplient dans les courants les plus durs. Place de la Bourse, où se termine le défilé, les adhérents de SUD scandent : « On n’est pas fatigués ! » et « On va gagner ! ». Dans ce match, on se demande si nous en sommes aux prolongations ou au tout début. En tout cas, le président-arbitre n’a pas encore sifflé.

Les chiffres dans la région

Gironde. Quelque 130 000 personnes, selon les syndicats, 13 500, selon la police, ont défilé dans les rues de Bordeaux.

Lot-et-Garonne. Ils étaient entre 4 000 (police) et 8 200 (CGT) participants à la manifestation d’Agen. À Marmande, ils étaient entre 1 100 (police) et 1 700 (syndicats).

Gers. Auch, entre 3 000 (police) et 7 000 (syndicats) manifestants ont défilé dans les rues.

Landes. À Dax, unique rassemblement dans le département, on comptait entre 5 800 et 6 500 manifestants.

Dordogne. Périgueux, entre 4 000 (police) et 5 000 (syndicats) ont défilé. À Bergerac, la police a recensé 2 800 personnes. À Sarlat, 700 manifestants s’étaient réunis.

Pyrénées-Atlantiques. Entre 6 300 (police) et 12 800 (syndicats) ont manifesté dans les rues de Bayonne. À Pau, le défilé a réuni 18 000 personnes selon les organisateurs, 10 200 selon la police.

Charente-Maritime. À La Rochelle, 8 500 manifestants, selon les syndicats, ont défilé avec entre 100 et 200 lycéens en tête de cortège. De source syndicale, ils étaient 7 000 à Saintes et 4 000 à Rochefort. Enfin, environ 500 manifestants ont été recensés à Royan.

Charente. À Angoulême, entre 4 000 (police) et 20 000 personnes (syndicats) ont défilé dans le plus grand calme. Ils étaient entre 1 500 et 1 800 à Cognac et entre 200 et 400 à Confolens.

Café-Débat : Quel accès aux soins pour les jeunes et son financement ?

Bar - Le Cheverus

Dans le cadre de l’élaboration d’un programme pour 2012, les Jeunes Socialistes organisent un café-débat ouvert à tous pour débattre et contribuer. Les idées soumises lors de ce débat seront soumises au vote, et peut-être inscrites dans le programme socialiste de 2012 !

Quel accès, parcours et offre de soins en France et pour notre génération ? Quel financement pour garantir l’universalité d’accès à la santé ?

3 intervenants :
- Bernard Coadou, médecin généraliste et membre fondateur du collectif citoyen « un droit à la santé pour tous »,
- Myriam Vaillant, militante LMDE « La Mutuelle des Etudiants »,
- Marlène Peyrutie, responsable régionale pôle emploi chargée du handicap
.

Nous comptons sur la présence de tous !
Rendez-vous le jeudi 21 octobre · 18:30 – 20:00, au café « le Cheverus », 81 rue du Loup, Bordeaux, France.

D’autres informations en direct sur Facebook.

Documents de travail :

Premières AG étudiantes sur les retraites à Bordeaux !

Les premières assemblées générales sur la réforme des retraites atteignent
les facs de Bordeaux.
La mobilisation pour une autre réforme des retraites prend de l'ampleur
et se diffuse désormais aux facs françaises. Le collectif "la retraite,
une affaire de jeunes !" composé au niveau national de 25 organisations
syndicales et politiques de jeunesse est notamment à l'initiative de la
 mobilisation jeune en France. La mobilisation s'ancre durablement chez
les jeunes, et les facs bordelaises sont désormais atteintes par le
mouvement de protestation. 

Le collectif girondin organisera donc 4 assemblées générales en 2
jours sur le campus.

Les premières se tiendront aujourd'hui à 12h30 à Bordeaux III et
13h à sciences po Bordeaux. Demain, les AG auront lieu à 12h30
à Bordeaux II et IV simultanément.

L'assemblée Générale à l'initiative du Collectif Jeune retraites
se tiendra à l'IEP à 13h en amphi Siegfried, en présence des
représentants des différentes organisation composant le collectif
girondin.

Nous espérons vous y voir nombreux !

Et rendez-vous pour la prochaine manif mardi 12 octobre prochain à 11h à la
Victoire, sur les marches de la fac avec le collectif jeune !

Biens communs et marchandisation, comment replacer l’homme au cœur de nos économies ?

Conférence-débat des Jeunes Socialistes

vendredi 1er octobre 2010 à 19h00 à la fédération

239 rue du jardin public, Bordeaux
entrée libre et ouverte à tous

Biens communs et marchandisation, comment replacer l’homme au cœur de nos économies ?

Intervenant : Emmanuel Poilâne, directeur de la fondation « France Libertés » fondée par Danielle Mitterrand

L’eau, les énergies, la santé, la biosphère ou même l’espace, ces biens communs de l’Humanité sont aujourd’hui en cours de marchandisation ou bien d’ores et déjà marchands. Produits de consommation et sources de profits économiques pour seuls quelques firmes internationales, l’accès à ces biens par tous les être Humains se trouve réduit peu à peu. A travers la question de l’eau, de son accès, c’est la question de tous les biens communs qui se pose à nous. Emmanuel Poilâne nous donnera donc des pistes pratiques et réalistes pour repenser la gestion de ces biens et leur gratuité. Nous vous proposons de réfléchir, à partir de l’exemple de l’eau, à la sortie progressive de tous les biens communs de la sphère marchande, afin de mettre, enfin, l’économie au service de l’Homme et non l’inverse.

Rendez-vous donc vendredi pour penser, ensemble, la nouvelle société de demain !

Les Jeunes Socialistes de Gironde,
contact@mjs33.org
06.49.45.51.46

La santé publique, enjeu majeur d’égalité républicaine

Résolution adoptée en Conseil National des Jeunes Socialistes les 6 et 7 février 2010

Alors que la menace de la grippe A fit la une des médias pendant des mois, dévorant l’espace
consacré à la santé dans l’actualité, d’autres problématiques se font entendre en ce début d’année
2010. Ainsi, les suppressions de postes dans les hôpitaux, l’influence de l’industrie pharmaceutique
en matière d’expertise épidémiologique et l’absence de moyens alloués au plan cancer 2
ressortent sur le devant de la scène. Tous ces sujets sont liés parce qu’ils mettent en évidence une
stratégie du gouvernement actuel visant à privilégier la communication au service des intérêts de
quelques uns au détriment de la santé du plus grand nombre.

Il s’agit d’une politique nationale et, partout en France, on détruit des hôpitaux de proximité tout en
se débarrassant au passage d’une partie des personnels travaillant dans ce secteur. Cette
politique se fait au détriment de la qualité des soins, contre la volonté du personnel hospitalier et
contre l’avis des élus locaux. Les rythmes de travail sont d’ors et déjà à la limite de l’insoutenable
dans certains services hospitaliers en sous-effectif : nous devons donc, avec les élus socialistes,
exiger un moratoire sur les suppressions de poste à l’hôpital.

Néanmoins, nous ne pouvons pas nous exonérer d’une réflexion sur la répartition des moyens
alloués à la santé en France. En parallèle à ces suppressions de poste, 869 millions d’¤ ont été
dépensés en vaccin contre la grippe A, sans compter les masques et le Tamiflu (acheté en quantité
extravagante). Dans un autre registre, 732 millions d’¤ sont prévus pour le plan cancer 2 : passons
sur les tours de passe-passe budgétaire qui ne laisseront qu’une minorité de cette somme en
investissement réel. Inspiré de la guerre contre le cancer (war on cancer) de Nixon, qui dure depuis
40 ans, a absorbé des milliards et est généralement considéré comme un échec, le premier plan
cancer de Jacques Chirac a été rudement critiqué par la Cour des comptes et le Haut conseil de la
santé publique. Cela n’empêche pas son successeur de recommencer la même chose dans
l’espoir de réaliser un coup de communication sur un sujet sanitaire, tout comme il l’a fait avec le
plan alzheimer.

En conséquence, nous prônons de revenir aux fondamentaux en délaissant cette volonté
compulsive d’instrumentalisation de la santé et cette logique purement comptable (avec la hausse
du forfais hospitalier par exemple): tâchons de financer des hôpitaux proposant une meilleure
qualité des soins (notamment en supprimant la T2A qui asphyxie les établissements publics de
santé et empêche l’accomplissement de certaines missions de service public : lutte contre le VIH,
pédiatrie, longs séjours, etc), de privilégier la médecine de proximité (par exemple en soutenant les
régions socialistes qui proposent des aides à l’installation des jeunes médecins dans les zones en
manque) et de développer la prévention. Mais pour cela, il faudra résister aux sirènes de l’industrie
pharmaceutique et des agences de communication politique qui nous emmènent droit dans le
mur.

Les jeunes socialistes défendent un véritable service public de la santé accessible à tous, partout
sur le territoire de la république. Nous nous opposons par conséquent à toutes les tentatives du
gouvernement visant à mettre en concurrence et à affaiblir les services publics face aux systèmes
privés. Nous choisissons résolument l’intérêt général et l’égalité républicaine contre la logique du
profit sur le dos des malades.