Alain Juppé tente de rassurer les bordelais


de Aqui.fr

Depuis plusieurs mois, Alain Juppé avait fait part de son souhait de servir à nouveau son pays. Face à un Nicolas Sarkozy en grande difficulté, le maire de Bordeaux a su se faire désirer, soulignant à plusieurs reprises qu’il ne redeviendrait ministre qu’à certaines conditions. Dimanche, il a été nommé ministre de la Défense. Mais, en 2008, l’ancien Premier ministre avait aussi promis que sa ville “méritait un maire à plein temps” et qu’il ne se consacrerait qu’à Bordeaux. Alors, ce lundi 15 novembre, au cours d’une conférence de presse, il s’est voulu rassurant, quant à sa capacité à mener de front ses deux missions d’élu local et national, en expliquant les raisons de ce revirement.

“Je ne pars pas de Bordeaux, je serai à Bordeaux”, a déclaré Alain Juppé lundi, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville. Détendu, souriant, le nouveau ministre a consacré 20 minutes aux journalistes pour faire passer ce message rassurant aux Bordelais. Alain Juppé s’est dit “heureux” de rejoindre le gouvernement, “une nouvelle équipe sérieuse et compétente”, qui aura de nouvelles réformes à mettre en oeuvre et des chantiers à poursuivre. Interrogé sur ses contradictions, le maire de Bordeaux, qui avait promis à ses administrés de ne pas cumuler les mandats, estime qu’il n’a pas de leçons de morale à recevoir. “Quand on regarde autour de soi, on voit combien certains cumulent. C’est une spécificité française. C’est discutable. Mais, le contexte a changé, chacun a le droit d’évoluer”, a-t-il répondu.

Michel Duchène coordonnera l’équipe à Bordeaux

En clair, alors qu’aujourd’hui Nicolas Sarkozy semble dans l’impossibilité d’assurer sa réélection, Alain Juppé estime que le pays et la droite ont besoin de lui pour redresser la barre. D’ailleurs, à l’image d’un Premier ministre, il n’hésite pas à fixer la ligne politique de ce gouvernement. “Nous avons besoin d’un nouvel élan, une nouvelle feuille de route (pour l’emploi, le dialogue social) “. C’est aussi une revanche. En 2007, Alain Juppé avait occupé la place de numéro 2 dans le premier gouvernement Fillon comme ministre d’Etat chargé de l’Ecologie. L’aventure n’avait duré qu’un mois (18 mai-18 juin), en raison de sa défaite aux législatives face à la socialiste Michèle Delaunay. La question désormais est de savoir s’il peut vraiment concilier son mandat de maire et de ministre. Alain Juppé n’a pas le moindre doute à cet égard. “Je l’ai prouvé par le passé. J’ai été Premier ministre – ce qui est plus que d’être ministre -, président de la communauté urbaine et maire, et c’est le moment où tous les grands projets bordelais qu’on voit aujourd’hui réalisés ont été lancés. Et, Paris-Bordeaux n’est qu’à 50 minutes en avion !”, a-t-il rappelé.

Cela suppose aussi un changement d’organisation à la mairie. S’il n’y aura pas de premier adjoint, c’est “une équipe”, celle en place depuis 2008, qui assurera le quotidien. Michel Duchène, chargé de la cité numérique, de la prospective et de la stratégie urbaine, de la circulation et du stationnement, sera chargé de la coordination. “La division est fatale, je compte sur l’esprit de rassemblement autour de notre amour commun pour Bordeaux”, a conclu Alain Juppé. De leur côté, les Jeunes Socialistes “dénoncent encore une fois les promesses non tenues et le mépris affiché par M. Juppé à l’encontre des Bordelais”. “Alors que tant de Français peinent à trouver un emploi et assistent impuissants à l’érosion continue de leur pouvoir d’achat, le seul sauveur, la surprise d’un remaniement qui tourne à la farce, est justement celui qui détient le triste record de la rigueur, de la paralysie du pays et des plus grosses manifestations de revendication sociale, Alain Juppé. Un homme sans parole, un bilan de premier ministre calamiteux, voilà l’homme providentiel d’un pouvoir de droite qui n’en finit pas de sombrer”, fustige, pour sa part, la députée socialiste de Gironde, Michèle Delaunay.

Nicolas César

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