Au pays de l’UMP, le plagiat est roi


Extrait MédiaPart 19.01.2010

A l’UMP, modernisation rimerait-elle avec plagiat? Depuis l’arrivée de Xavier Bertrand à la tête du parti présidentiel, en janvier 2009, l’UMP n’en finit plus de donner dans le copier-coller. Dernier pillage en date, celui de Gaylib, le mouvement gay, lesbien et transsexuel de l’UMP. L’antenne de Gaylib en Aquitaine a repris le logo de la région (ci-dessus à droite) sur sa page facebook pour y glisser ses couleurs (ci-dessus, à gauche).

Pour les Jeunes Socialistes d’Aquitaine, qui ont déniché cette «contrefaçon», il s’agit d’une «usurpation doublement illégale» : «D’une part, le logo de la Région Aquitaine constitue une œuvre de l’esprit qui bénéficie à ce titre des droits d’auteurs ; et d’autre part, étant déposé auprès de l’INPI, il est protégé par le droit des marques. Ceci constitue une double infraction au code de la propriété intellectuelle en vertu des l’articles L. 122-4 et L. 711 du CPI».

Ce n’est pas la première fois que l’UMP plagie sauvagement des contenus. Il y a un an, le mouvement populaire s’était approprié la chanson «Kids» de MGMT pour son conseil national et pour certaines de ses vidéos, ce qui l’avait contraint à verser 30 000 euros de dommages et intérêts au groupe américain (lire nos billet du 20 et du 25 février).

En décembre dernier, rebelote: on apprend que la version utilisée dans le lipdub des Jeunes UMP n’est pas la version originale, mais celle chantée par une jeune artiste Marie-Mai, pour la Star Academy québécoise. A qui, bien entendu, ils n’ont pas demandé d’autorisation… Et ce mois-ci, c’est le logo d’Hadopi qui reprend la même typo que celle de France Télécom, en usage exclusif. Un comble quand on sait que l’Hadopi est chargée de sanctionner ceux qui téléchargent illégalement sur le web…

Il y a deux semaines, c’est au tour de Luc Chatel, le minstre de l’éducation, d’être épinglé pour un grossier copier-coller du web. Lors d’une réponse à une question d’un député à l’assemblée nationale sur le chèque éducation, le ministre a repris, mot pour mot et sans le citer, le contenu d’un article disponible sur Wikibéral, l’encyclopédie libérale, comme l’a révélé le blog de Lexington, le 10 janvier.

«Après ses mésaventures musicales avec le groupe américain MGMT, la reprise de la chanson de la Québécoise Marie-Mai et Hadopi, l’UMP est décidément le parti politique qui met à mal des droits d’auteurs en France, et ce malgré toutes les bonnes intentions législatives affichées», estiment les Jeunes Socialistes d’Aquitaine dans un communiqué. «Y’a-t-il un juriste à l’UMP ?», s’interrogent-ils.

Joint lundi soir par Sud Ouest, Julien Diez, responsable de Gaylib Aquitaine, affirme avoir «cherché à contacter la personne qui a conçu le logo de la Région», en vain. «Travaillant dans l’ingénierie culturelle, je suis sensible au respect du droit d’auteur.(…) Et nous avons considéré que sur Facebook, l’usage reste somme toute limité…».

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