Discours de Laura Slimani à la 33e Gerbaude, Animatrice Fédérale de la Gironde


Chers amis, chers camarades,

Laura Slimani

Tout d’abord je vais commencer par me présenter, car je pense que beaucoup d’entre vous ici ne me connaissent pas. Je suis la nouvelle Animatrice Fédérale des Jeunes Socialistes de Gironde. Nous avons en effet anticipé le renouvellement de notre équipe fédérale cette année, pour la simple et bonne raison que Juliette Perchepied travaille désormais pour le bureau national des Jeunes Socialistes à Paris!

Je voudrais vous remercier, Anne-Marie et Philippe, de nous laisser intervenir ce soir. Nous sommes, comme vous pouvez le voir, très nombreux. Et je crois que ce n’est pas seulement pour la bonne humeur, la convivialité, et la joie de voir nos aînés si enthousiastes chaque année à cette tradition socialiste girondine qu’est la fête de la Gerbaude. Même si, je ne vais pas vous le cacher, c’est une des raisons pour lesquelles nous sommes là.

Plus sérieusement, je crois que si nous sommes autant ce soir, c’est parce que le changement est en marche. Chaque jour, des jeunes nous rejoignent en Gironde. Chaque jour, nous les rencontrons, devant les lycées, les facs, les foyers de jeunes travailleurs, sur les quais bordelais. Et chaque jour ils nous disent à la fois leur révolte et leur espoir. Leur révolte face à une droite toujours plus conservatrice, toujours plus libérale, toujours plus nauséabonde qui les étouffe. La révolte des jeunes ruraux de Blaye, face aux problèmes de la mobilité, de l’accès au services publics, à l’éducation supérieure et à la culture. La révolte des jeunes des quartiers populaires, à Cenon, Grand Parc ou aux Capucins, qui sont victimes de contrôle au faciès, qu’on stigmatise parce qu’ils ont la casquette à l’envers, ou à cause de leur couleur de peau. Ces jeunes des quartiers populaires, ghéttoisés dans des écoles où la suppression de la carte scolaire a rayé toute notion de mixité sociale. TOUS ces jeunes, premières victimes du chômage, de l’augmentation des loyers, des frais de scolarité, et du coût de la vie alors que leurs revenus, eux, stagnent. Tous, ont le même besoin : retrouver confiance et espoir dans la politique.

Vous savez, les jeunes ne sont pas désabusés. Combien de fois avons nous entendu cette phrase : « les jeunes ne s’engagent plus, ils n’ont plus de conscience politique » ? Les jeunes d’aujourd’hui, nous, nous sommes lucides, parce que nous sommes une génération qui n’a JAMAIS connu autre chose que la droite au pouvoir. Mais nous connaissons la capacité de la gauche à transformer la société. Nous nous en rendons compte tous les jours avec la Communauté Urbaine de Bordeaux, le Conseil Général et le Conseil Régional, et cela nous redonne espoir. Nous voulons être la génération changement, mais nous savons qu’il faudra travailler dur pour réussir.

Alors notre horizon, aujourd’hui, c’est 2012. Vous le savez, le Mouvement des Jeunes Socialistes a décidé de ne pas s’engager au côté d’un ou d’une candidat ou candidate en particulier, mais auprès de celle ou celui qui gagnera les primaires citoyennes. Je vais donc vous parler de ce que nous, nous ferons, pour amener la gauche à la victoire en 2012.

Nous faisons en ce moment campagne pour 3 engagements. 3 propositions que nous voulons défendre auprès de chaque candidat à la primaire socialiste, auprès du ou de la candida-te qui sera choisi, auprès des candidats aux élections législatives, et enfin, auprès de la future ou du futur président de la République. Et aussi, bien sûr, auprès des sénateurs, puisque désormais c’est possible !

D’abord, le parcours d’autonomie. On vous rabâche les oreilles avec ça depuis quelques années, il me semble, Razzy, Matthieu et d’autres anciens ici présents pourront en témoigner. Le parcours d’autonomie, c’est permettre à chaque jeune d’avoir une formation, et c’est donner un avenir à la France, tout simplement. Nous pouvons être la solution à la crise, mais pour cela, il faut nous en donner les moyens. Il s’agit de permettre à chaque jeune de se consacrer pleinement à ses études sans avoir à travailler à côté. Le financement ? La hausse des droits de succession. Le résultat ? Un an de formation supplémentaire pour une génération augmente la productivité de 7%. Cela libèrera du pouvoir d’achat pour les jeunes, mais aussi pour leurs parents, plus asphyxiés par le financement exorbitant des études de leurs enfants. Et, bien sûr, cela participera à l’émancipation de chacun, et donc à l’égalité.

Ensuite, l’égalité femmes-hommes au travail. Parce qu’une femme est toujours payé 27% de moins qu’un homme, à compétences égales. Nous voulons que chaque entreprise soit tenue d’appliquer un plan pluriannuel de suppression de ces inégalités. Savez-vous à quand date la première loi sur l’égalité salariale femme-homme ? 1972. Quand on ne respecte pas la loi, on est sanctionné. Eh bien si les entreprises ne respectent pas cette mesure, c’est simple, elles devront être sanctionnées !

La troisième proposition est celle de l’attestation de contrôle d’identité. Vous le savez peut-être, si on est d’origine maghrébine en France, on a 8 fois plus de chances de se faire contrôler que si on est blanc. L’attestation de contrôle d’identité c’est simple : un formulaire que chaque policier devra remettre aux personnes contrôlées. L’effet sera immédiat : moins de contrôle au faciès, l’ouverture d’un droit de recours pour les personnes victimes de discrimination, l’adaptation de la formation des fonctionnaires de police. Pare que les jeunes et les moins jeunes n’ont pas besoin d’une police qui fait du chiffre en chassant à tout prix les sans papiers, en stigmatisant les jeunes de banlieues. Nous voulons une police de proximité, une police qui prévient, qui protège et qui renoue le lien avec la population au lieu de le briser chaque jour un peu plus.
Au delà de ces trois propositions, j’insisterai sur quelques unes de nos priorités pour 2012. Refaire de la santé un droit pour tous, encadrer les loyers, la République irréprochable et le non cumul des mandats, bien sûr.

Voilà ce que je voulais vous dire ce soir, au nom des militants ici présents, et de tous les jeunes socialistes girondins qui sont prêts pour le changement en 2012. Ils sauront, pendant toute cette campagne, être à vos côtés, au côté de notre candidate ou candidat, peu importe le résultat des 9 et 16 octobre prochains. C’est la promesse des Jeunes Socialistes, et nous la tiendrons. Vous pouvez compter sur nous : nous serons des militants enthousiastes, exigeants avec les autres comme avec eux mêmes, et présents partout sur le terrain pour faire gagner la gauche, avec vous tous.

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