Emploi des jeunes : la situation se dégrade !


Il faut se défaire de l’idée que la jeunesse est l’âge de l’insouciance. Particulièrement en France. A cet âge charnière où il faut quitter le nid, le premier battement d’aile est de plus en plus difficile. Le taux de chômage des jeunes est aujourd’hui deux à deux fois et demi supérieur à celui de leurs aînés. Pour les 15-24 ans, il atteint 20,4%, alors qu’il n’est que de 7% pour les 25-49 ans, selon des chiffres de l’Insee parus en mars 2009.

Aujourd’hui, 62% d’une classe d’âge obtient le bac contre 35% il y a vingt ans. Mais jamais une génération n’a autant peiné à intégrer le monde du travail. Olivier Galland, directeur de recherche au CNRS, souligne dans une interview à Libération que « le système méritocratique ne fonctionne plus dans une école de masse. » Pour la nouvelle génération, le diplôme protège moins contre le chômage. Et certaines filières sont dévalorisées. Face à cette situation, le système éducatif se doit d’être repensé de manière à mieux lier formation professionnelle et études, favoriser les itinéraires d’alternance entre études et emploi. Or aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit : la loi relative à « l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie » entrée en vigueur le 26 novembre 2009 a en effet remis en cause les stages « non intégrés à un parcours pédagogique ». En d’autres termes, les stages volontaires l’été, qui permettaient aux étudiants de se forger une première expérience, ne sont en principe plus possibles.

Les jeunes actifs ont été les premières victimes de la crise. Derniers arrivés au sein des entreprises, souvent employés en CDD ou en mission d’intérim, ils ont été les premiers remerciés. Actuellement, 20,2% des 16-25 ans ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté, contre 13% pour l’ensemble de la population. Mais alors qu’ils souffrent d’une situation moins enviable que leurs aînés, les plus jeunes ne bénéficient pas des mêmes aides à la formation que les autres travailleurs. Et tous ne peuvent pas se raccrocher à un soutien familial. Il est donc urgent que les 16-25 ans puissent bénéficier des mêmes droits que l’ensemble de la population active. Celle-ci doit être renforcée par une allocation spécialement allouée au jeune, dont le montant serait calculé en fonction de ses revenus et non pas de ceux de ses parents, afin de développer son autonomie.

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