Pour une enseignement de qualité et ouvert à tous : l’unification de l’enseignement supérieur !


Résolution de la Gironde, adoptée en Conseil National des Jeunes Socialistes des 6 et 7 février 2010

La polémique allumée en janvier 2010 par la décision présidentielle de créer des quotas de
boursiers dans les grandes écoles a le mérite d’avoir ouvert un débat récurrent, vieux comme la
république.

La dualité de l’enseignement supérieur français met en place une discrimination de fait entre les
enfants appartenant à des classes sociales plus favorisées et les autres, perpétuant ainsi la
reproduction sociale d’une classe dominante. Selon une note de 2005 de la Conférence des
Grandes écoles (CGE), les enfants de cadres supérieurs et professions intellectuelles représentent
60% des élèves des grandes écoles d’ingénieur et 68% des élèves des grandes écoles de
commerce, tandis que les enfants des ouvriers/employés (qui couvrent pourtant la moitié de la
population active française) y occupent une place résiduelle oscillant entre 12% (écoles
d’ingénieurs) et de 8% (écoles de commerce).

Avec le système des classes préparatoires, et les grandes écoles financées par L’Etat, celui-ci paye
aujourd’hui plus pour des étudiants de parents riches et de milieux favorisés, concentre plus de
moyens, plus de capacités pédagogiques pour une élite quantitativement insignifiante. Un
étudiant de grande école peut coûter jusqu’à 12 fois un étudiant d’une université…

Ce système n’est plus adapté, la reconnaissance vient de grandes universités rassemblant des
chercheurs reconnus, des moyens et infrastructures attractives, des potentiels immenses. La
concentration budgétaire et intellectuelle des moyens de l’université et des grandes écoles serait
donc un moyen de favoriser en partie une plus grande égalité sociale, mais serait aussi un outil de
revalorisation de l’université favorisant une plus grande reconnaissance aussi bien au niveau
national qu’au niveau international. Cela ne peut donc se faire qu’avec un cadre national des
diplômes, afin d’éviter une mise en concurrence entre les universités et les étudiants.
L’unification de l’enseignement supérieur, avec l’intégration des classes préparatoires et des
grandes écoles aux universités, pourrait permettre un brassage social un peu plus large, cela
pourrait aussi permettre une réelle émulation entre les talents des universités et des grandes
écoles, celles-ci pouvant échanger dans un cadre commun. Supprimer les grandes écoles ce n’est donc pas non plus tirer le niveau vers le bas, c’est la réclamation des l’excellence pour tous, sansdiscrimination.

La fin des grandes écoles, la mise en place d’universités reconnues et ouvertes à tout le monde, la
mise en place d’une allocation autonomie, ce sont trois éléments pour permettre à tous, sans
discrimination, d’être porté au plus haut de ses capacités
; c’est le moyen de prendre et de porter
au plus haut les meilleurs éléments d’une génération quelque soit leur condition ou leur origine.

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