Intervention MJS – Egalité réelle


En tant que Jeunes Socialistes, nous ne pouvons que nous réjouir à la lecture de ce texte. C’est avec satisfaction que les militants l’ont lu et avec enthousiasme que nous en avons longuement débattu. Satisfaction de voir le travail fourni par l’ensemble des socialistes pour aboutir à un vrai projet de société, moderne, cohérent et surtout riche en propositions concrètes. Nous pensons que ce texte va dans le bon sens et qu’il marque une nouvelle étape dans la construction du projet de la gauche pour 2012.

Nous avons été particulièrement satisfaits de la place faite à la jeunesse dans ce projet. Une jeunesse revalorisée, moteur et avenir de la société. Nous nous réjouissons de voir des propositions comme le parcours autonomie, porté depuis longtemps par le MJS, ou encore en matière d’insertion professionnelle, d’éducation et d’enseignement supérieur. La gauche ne gagnera pas en 2012 sans redonner confiance et espoir aux jeunes.

Ce projet construit autour du concept fondateur d’égalité s’inscrit dans une démarche et une logique très positive. Cependant au-delà de cet enthousiasme, nous souhaiterions faire quelques remarques et propositions visant à faire en sorte que la logique et la réflexion soient poussées jusqu’au bout.

Le thème de la lutte contre la pauvreté a d’abord retenu notre attention. La réflexion que nous avons eu nous a conduit à penser que les individus étaient trop absents des propositions faites. En effet, plus que l’accompagnement, peut-être faudrait-il envisager des dispositifs de renforcement des capacités des personnes. Il s’agirait en définitive moins d’assister les personnes démunies que de leur permettre d’accéder à l’autonomie. Nous pensons aussi que la politique de lutte contre la pauvreté et d’aide aux sans-abri ne peut pas se résumer aux questions d’emploi et de logement. Celles-ci sont certes fondamentales mais doivent s’inscrire dans une conception plus globale du phénomène. Il s’agit en définitive d’agir sur tous les aspects qui engendrent les situations de précarité, les entretiennent et les maintiennent. Nous ne devons jamais perdre de vue le fait que ces problèmes, bien loin d’être indépendants, sont liés à un système qui les créé et les reproduit. L’urgence doit conduire à des mesures spécifiques et prioritaires de lutte contre la pauvreté, mais celle-ci ne doit pas être envisagée de manière isolée.

Il s’agit également de penser plus global sur les questions d’égalité territoriale, sujet sur lequel nous souhaiterions apporter deux contributions. En premier lieu, ce texte témoigne d’une tendance à sectorialiser les approches : les banlieues et le monde rural sont envisagés comme des ghettos, isolés, coupés du reste de la société. Or il convient d’avoir une vision d’ensemble. Plus que des politiques spécifiques, ces territoires doivent être l’objet de la déclinaison de l’ensemble des politiques publiques. Les penser de manière isolée, c’est aussi quelque part contribuer à la marginalisation de ces territoires. En second lieu, la question des outre-mers est essentielle. Ceux-ci doivent être pleinement intégrés au territoire de la République. Cependant ils restent des territoires spécifiques par leur histoire et par leur situation géographique. Ils sont une sorte d’ouverture française sur d’autres régions du monde. Un chantier prioritaire devra donc être ouvert, celui de l’insertion économique dans leur région et de l’ouverture de ces territoires sur leur environnement.

Sur le thème de discriminations, nous souhaiterions attirer l’attention sur quelques éléments qui devraient être ajoutés :

  • La hiérarchisation des sanctions en fonction des différents types de discrimination doit cesser. Chacun doit savoir que sur le territoire de la République, la discrimination en fonction du sexe, de l’origine, de la couleur de peau, de l’orientation sexuelle ou de tout autre critère, est punie de manière stricte et identique.
  • Les contrôles d’identité, parce qu’ils donnent lieu à des dérives et des stigmatisations inacceptables, doivent être encadrés

Par ailleurs deux éléments nous semblent être importants. D’abord la culture doit jouer un rôle essentiel dans la politique de lutte contre les discriminations. Le cinéma, la musique, la télévision, constitue des vecteurs puissants de diffusion de messages et de valeurs. Les initiatives artistiques en faveur de la lutte contre les discriminations doivent donc être soutenues. Ensuite notre message sur l’égalité entre les hommes et les femmes doit être clair : il s’agit de promouvoir et réaliser l’égalité entre les genres. Ce changement sémantique est essentiel. Au-delà de la défense du droits des femmes, une politique d’égalité entre les genres doit profiter à tous parce qu’elle permet de rompre les codes archaïques basés sur une répartition des rôles entre hommes et femmes. De l’égalité entre les genres, femmes et hommes gagneront en liberté de choix.

Pour conclure, il est fondamental d’aller dans le sens de la logique clairement affichée par le texte : pour lutter réellement, efficacement et durablement contre toutes les inégalités, il s’agit de prévenir et non de corriger. Dans cet esprit nous pensons que la revalorisation des salaires et la lutte contre le chômage est la clé du problème. Or nous avons constaté qu’à côté de cet objectif affiché, une infinité de petites mesures de correction des inégalités étaient proposées (aide au transport, à l’accès la culture, au départ en vacances, etc.). Nous pensons que ces petites mesures ciblées et coûteuses – bien qu’elles soient nécessaire dans un premier temps – pourraient être rendues inutiles par une revalorisation générale des salaires. Donner du revenu et du pouvoir d’achat aux français plutôt que leur distribuer des aides à deux effets vertueux :

  • D’abord cela permet de réduire les dépenses contraintes de l’Etat, lui redonnant ainsi des marges de manœuvres pour investir massivement dans l’éducation, le logement, la santé, les infrastructures, etc.
  • Ensuite cela produit un effet psychologique important en évitant le problème du sentiment d’assistanat. Il s’agit de rompre la césure entre une France qui gagnerait sa vie et une France qui serait aidée.

Notre objectif final doit donc être que chaque français dispose d’un revenu et que le pouvoir d’achat de tous soit augmenté. L’Etat doit être plus présent mais nous pensons aussi que la clé est dans la meilleure répartition des richesses en amont, au sein des entreprises.

Sur ces bases solides, une réflexion de grande ampleur s’est engagée au Parti Socialiste. Les Jeunes Socialistes souhaitent s’y investir pleinement pour préparer la victoire en 2012 et redonner espoir aux français avec un programme qui doit être un nouveau projet de société.

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