Pourquoi une journée de la femme?


ImageSi en 1975 les Nations Unies commencent à évoquer la Journée internationale de la femme, ce n’est qu’en 1982 que la date du 8 mars arbore un caractère officiel en France suite à une décision du gouvernement socialiste. La journée de la femme constitue chaque année une occasion de rappeler que, si les droits de la femme sont majoritairement reconnus, les discriminations restent bien réelles.

Presque trente ans plus tard, l’égalité entre les sexes n’est pas encore établie. Les femmes sont les premières victimes des inégalités dans le monde. Sur 1,5 milliard d’êtres humains qui vivent dans la pauvreté, 70 % sont des femmes. Aujourd’hui, en France et en Europe, une femme gagne environ 25 % de moins qu’un homme pour un travail égal. À la maison, les tâches ménagères sont effectuées à 70 % par les femmes et 60 % pour les tâches éducatives. Dans le monde politique, les femmes sont minoritaires, et n’ont pas encore une place égale. Dans les cités, les femmes subissent des discriminations, certaines sont mêmes victimes de viols collectifs. Pourtant, les évolutions sociales touchant à la condition féminine, profitent aux femmes comme aux hommes, et sont le signe de la bonne santé d’une démocratie moderne. En un siècle, les femmes ont conquis l’égalité juridique et législative dans beaucoup de pays, quoique de nombreuses lois discriminatoires persistent. Reste à conquérir l’égalité dans les faits.

La journée internationale de la femme est là pour nous rappeler les victoires mais aussi pour nous inviter à réfléchir sur la condition de la femme dans le monde entier. C’est l’occasion de dresser le bilan des progrès accomplis en vue de promouvoir l’égalité et le respect des droits des femmes. C’est aussi l’occasion d’identifier les atteintes que les femmes subissent et les difficultés qu’elles doivent surmonter dans la société. Ce jour est aussi l’occasion de célébrer le travail remarquable mené par les féministes de la première heure, celles qui ont contribué à faire évoluer la société moderne.

Aujourd’hui, le féminisme, qui a pris une ampleur planétaire ne fait pas partie du passé, loin de là, car les questions sur la maternité, sur le statut de la femme ressurgissent chaque jour, parmi les jeunes femmes de banlieue et dans bien des régions du monde. Dès la Révolution Française, le mouvement des femmes pose ses premiers jalons avec l’engagement d’Olympe de Gouges qui rédige la Déclaration des « droits de la femme et de la citoyenne ». Les racines du féminisme sont donc plus profondes qu’on pourrait le penser. À travers l’histoire de la politique française, les femmes ont défendu leur émancipation et ont obtenu le droit de vote après 150 ans de lutte, en 1944. Après-guerre, la condition féminine évolue pas à pas, le Planning familial sera créé en 1956, dans les années suivantes d’autres droits sont obtenus : celui de travailler, la contraception libre, le droit au divorce, la réforme de l’autorité parentale et aussi la reconnaissance des violences conjugales et de la criminalité du viol. 1970 marque un tournant avec l’avènement du mouvement de libération des femmes (MLF). Elles dénoncent le sexisme et l’oppression d’une société patriarcale et revendiquent la libre disposition de leur corps qui ne doit plus être un objet sexuel. En 1975, la loi Veil autorise l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En 2000 une loi portant sur l’égalité de l’accès aux mandats électoraux (parité des listes électorales) est adoptée. En 2001 la Loi Génisson garantie une représentation équilibrée des femmes dans les jury d’accès au concours de la fonction publique. Puis en 2003 une marche des femmes de banlieue « Ni putes ni soumisses » est organisée pour mettre sur la place publique les problèmes de la condition des femmes dans les banlieues. 30000 femmes sont dans les rues de Paris.

La journée de la femme nous appelle à nous souvenir des droits acquis par nos aînées – le vote des femmes, la contraception, l’avortement, la mixité dans les écoles, l’ouverture des écoles supérieures aux femmes. Nous devons garder en mémoire notre histoire et la transmettre aux générations futures. Cette journée du 8 mars est là pour nous rappeler que ces luttes essentielles ne sont pas si lointaines et que leurs acquis sont encore fragiles, dans notre pays mais aussi dans le monde. Tant que ce ne sera pas tous les jours la journée de la femme, la date du 8 mars restera nécessaire pour rappeler et dénoncer l’injustice qui leur ai faite.

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