La social-démocratie est-elle encore pertinente pour envisager les rapports sociaux ?


Depuis plusieurs décennies, la social-démocratie recule. Les partis qui défendent cette idéologie sont soit en très mauvaise posture (dans les rares cas où ils sont au pouvoir comme en Italie), soit ils n’arrivent pas à incarner une alternative crédible (Espagne, France, Allemagne…). Cette lente descente en enfer des partis sociaux-démocrates n’est pas nouvelle, mais s’est nettement accélérée depuis la crise économique de 2009. Ils sont souvent accusés comme en Grèce ou en Espagne d’être responsables de la situation dans laquelle se trouve leurs pays.

Il est donc important de se demander si la social-démocratie est dépassée. C’est-à-dire si son échec est dû à un manque d’adaptation aux évolutions de notre société ou si ce sont des raisons propres aux mutations des partis sociaux-démocrates qui peuvent l’expliquer.

Afin de répondre à cette question nous devons en premier lieu définir ce qu’est la social-démocratie. La social-démocratie est un courant du socialisme réformiste non marxiste. Il s’est particulièrement développé en Allemagne (avec le SPD) et dans les pays scandinaves. Les sociaux-démocrates ont une façon très particulière d’envisager les rapports sociaux. Ils sont très proches des syndicats et cherchent avant tout la concertation, la négociation et le consensus afin de réformer la société et n’envisagent pas les changements en matière de lutte sociale.

 

Les rapports sociaux (c’est-à-dire les interactions entre les différents groupes sociaux formant la société) ont changé depuis les Trentes Glorieuses.

Nos sociétés qui étaient autrefois collectives sont devenues de plus en plus individualistes. Lire la société et donc les rapports sociaux est maintenant extrêmement complexe. Il n’existe plus de masses cohérentes faciles à déchiffrer comme les ouvriers d’antan. Le rapport entre la politique et le citoyen est devenu plus direct sans groupe intermédiaire. Réaliser des négociations et obtenir des consensus est une tâche de plus en plus difficile voire impossible.

Par ailleurs, nous ne vivons plus dans des sociétés closes (ou quasi close). La mondialisation intensive que nous connaissons depuis plusieurs décennies nous a rendu de plus en plus dépendants du monde extérieur. Aujourd’hui, il est impossible de mettre en place une mesure sans prendre en compte cet aspect. Les rapports sociaux se trouvent modifiés par des acteurs extérieurs sur lesquels nous n’avons que très peu d’emprise.

Les rapports sociaux évoluant, il était nécessaire que les partis sociaux-démocrates s’adaptent pour y répondre. Néanmoins, des changements propres à la sociale démocratie peuvent expliquer l’inadéquation avec la société actuelle.

 

La sociale démocratie est arrivée en bout de cycle. Après avoir atteint son objectif de réaliser un Etat providence, cette idéologie n’a plus rien proposé. Elle vise le statut co voire un net recul. Nombreux sont à se réclamer de la social-démocratie sans respecter ses principes.

Après la fin de la guerre froide, les sociaux-démocrates n’ont plus eu de réels adversaires à gauche. Ils se sont retrouvés seuls face au libéralisme, sans aucune idée nouvelle à proposer. Se concentrant uniquement sur la conquête du pouvoir. Parfois adoptant même des positions libérales sur de nombreux sujets. L’échec des partis sociaux-démocrates est lié en grande partie à leur inactivité idéologique.

 

La sociale démocratie s’est en quelque sorte oubliée elle-même. Ce processus s’est amplifié avec les transformations de notre société qui a rendu la social-démocratie caduque. L’absence de renouvellement idéologique au sein des partis sociaux-démocrates a conduit à un manque d’adaptabilité aux évolutions des rapports sociaux.

C’est pourquoi, il nous incombe d’établir un nouveau corpus idéologique afin de répondre à ses enjeux sans retomber dans les travers qui ont mis les sociaux-démocrates en si mauvaise posture. Toutefois nous devrons nous appuyer sur les apports de la social-démocratie notamment en matière de concertation avec les partenaires sociaux. Cette idéologie doit demeurer une immense source d’inspiration pour le futur. Elle nécessite seulement d’être repensée en conservant certaines de ses approches. C’est ce que nous tâcherons de faire à travers les articles présentés sur ce site.

 

Sources :

  • Mars 2016, Fin de cycle pour la social-démocratie. Le Monde diplomatique
  • Septembre 2009.”Le projet social-démocrate est historiquement achevé”, Le Monde
  • Image a la une : © Stephane Lemouton / ABACAPRESS.COM

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