L’orientation


Résolution adoptée en Conseil National des Jeunes Socialistes les 6 et 7 février 2010

L’orientation est le fruit d’un processus complexe résultant d’une réflexion personnelle concernant
la construction d’un projet personnel et professionnel. Actuellement, l’orientation est vue comme
une branche annexe du service public d’éducation, mal coordonnée, sous-dôtée et utilisant des
techniques de communication vieillissantes. Ce qui devrait être un choix personnel et éclairé selon
les capacités de chacun se transforme en un processus subi. Non content de briser des individus,
cette mauvaise orientation qui touche un nombre non négligeable et mal connu de personnes est
largement préjudiciable à l’ensemble de la société en ne permettant pas à chacun de développer
son plein potentiel.

Il convient donc dès le collège et le lycée non pas de forcer à un choix précoce que les élèves ne
peuvent assumer si jeunes mais d’ouvrir des possibilités pour une future orientation. Ainsi, il est
aberrant que l’on n’incite pas davantage les filles à choisir les filières d’ingénieur (10% seulement
dans celles-ci) et que l’on laisse se répandre le préjugé selon lequel les métiers techniques sont
des métiers d’homme. En tant que socialistes, nous devons également lutter contre la reproduction
sociale à travers un service public de l’orientation réorganisé. Des moyens et des ressources
statistiques doivent donc être mis à disposition de cette institution.

À l’autre extrémité du système, la formation continue ainsi que la validation des acquis de
l’expérience doivent être une opportunité réelle de réorientation aussi bien pour la personne
concernée que pour la société. Pour un meilleur encadrement, les universités et autres organismes
de formation publiques établiront des règles : jours libres de formation pour les salariés, critères de
validité des formations permettant une évolution professionnelle et/ou un épanouissement
personnel, notamment en vue d’une cessation ou d’un changement d’activité.
Dans le monde étudiant, il est malheureux que l’orientation soit trop souvent un couperet définitif. Il
faut donc développer au maximum les passerelles et les possibilités de réorientation. Il est
anormal de devoir reprendre des cycles inférieurs à celui que l’on a atteint lors d’un changement
de filière. Il fau mettre en place un véritable cadrage des diplômes tout en renforçant la
transdisciplinarité, en particulier en développant des modules au choix des étudiants dans toutes
les filières (en plus des UE complémentaires déjà existantes dans certaines).
Les stages devront être mieux encadrés et en rapport avec la formation entamée. Ils doivent
également être tous rémunérés, mieux rémunérés et mieux encadrés conformément aux
revendications des nombreux stagiaires qui se battent depuis des années pour faire valoir leurs
droits.

Nous proposons d’instaurer un droit à une année de césure tout au long des études pendant
laquelle les aides ainsi que les droits liés aux examens et aux concours passés seraient conservés.
Cette année (éventuellement divisible en deux semestres pris séparément) doit permettre d’affermir
ses goûts, de s’ouvrir sur le monde et/ou d’approfondir un projet personnel ou professionnel.
Les problèmes d’orientation ne sont pas une fatalité : des propositions concrètes peuvent améliorer
la situation actuelle dans l’optique de briser les chaînes de la reproduction sociale.

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