Gouvernement et Sida : des mots, encore des mots, toujours des mots…


ImageLe SIDA tue, encore et toujours. Il ne fait aucune différence d’âge, de sexe ou d’orientation sexuelle. Nous devons être vigilants et porter sans cesse le message d’indispensable protection, car les préservatifs masculins et féminins demeurent les seuls et uniques moyens de protection contre les IST et les MST.

Ce devoir de prévention et d’éducation incombe aux socialistes, car les plus faibles socialement sont certainement ceux qui risquent le plus, mais il ne doit pas se limiter au 1er décembre, journée mondiale de mobilisation et de lutte contre le SIDA. Cela doit être un engagement et un combat quotidiens, car le virus ne cesse de progresser.

L’information concernant les moyens de protection doit être plus accessible, le Ministère de la Santé doit donc prendre ses responsabilités, d’autant plus qu’il comprend aujourd’hui la Jeunesse. Dans les lycées, l’éducation sexuelle doit être uniformisée pour que chacun puisse en bénéficier de façon égalitaire. Seule l’ducation et la prévention permettront de réduire les risques pris consciemment ou non, par les jeunes notamment.

Toutes ces mesures sont simples à prendre, mais il semble que le gouvernement actuel délaisse ce travail, relevant pourtant de la santé publique et de l’intérêt général, aux associations.

Aujourd’hui, l’exemple des franchises médicales est flagrant ! En effet, ce projet gouvernemental pénalisera avant tout les malades les plus fragiles et il sera sans effet pour les patients aisés couverts par des assurances complémentaires. Mais pour les patients précaires qui n’y ont pas accès, il aura un effet dissuasif qui conduira à une dégradation de leur niveau de santé. Face à l’objectif de responsabilisation des patients avancé par le gouvernement, l’expérience des franchises déjà existantes a montré qu’elles ne constituaient pas un outil efficace dans ce domaine. Bien au contraire, elles retardent l’accès aux soins et ont donc des effets désastreux en terme de santé publique.

Les personnes séropositives vivent avec des traitements lourds. Ce discours gouvernemental, appelant à la responsabilité des patients pour lutter contre la surconsommation de médicaments, les insulte.

25% de personnes séropositives qui ne disposent que d’une Allocation Adulte Handicapé (622 euros par mois) pour vivre et se soigner. L’entêtement de la ministre Bachelot sur l’impact de cette mesure injuste pour les malades est intolérable. De plus, ce projet s’ajoute à celui d’une révision à la baisse du dispositif protégeant les patients atteints d’une affection de longue durée. Le MJS Gironde dénonce ces projets injustes et dangereux, qui renoncent au principe de solidarité nationale, sur lequel est fondée la protection sociale en France.

Il faut être particulièrement vigilant à ce qu’une approche globale et pérenne du financement de l’assurance maladie soit dans l’actualité plutôt qu’un traitement conjoncturel et insuffisant.

Un autre exemple poignant du cynisme du gouvernement touche l’aide internationale pour la lutte contre le Sida.

Alors que l’Etat durant la réunion de la Plateforme Sida du Ministère des Affaires étrangères, promettait un maintient du niveau de cette aide à 300 millions d’euros pour les années 2008, 2009 et 2010, Eric Woerth, ministre du Budget, a inscrit dans le budget 2008 une baisse de 7% de la contribution française au Fonds mondial contre le sida. M. Woerth propose que cette contribution baisse de 300 millions d’euros en 2007 à 280 millions d’euros en 2008. Or, à travers le Fonds mondial, la France finance en 2007 la prise en charge de plus de 100 000 malades du sida dans le monde. Une coupe budgétaire de 7% revient donc à priver de traitements 7 000 malades, et dès lors à les condamner à une mort rapide.

Nicolas Sarkozy a pourtant déclaré le 7 juin, au sommet du G8 : « Je me suis engagé sur l’accès universel au traitement du SIDA en 2010 ». Seuls 30% des malades du sida dans le monde sont actuellement soignés. L’accès universel auquel s’est engagé le Président implique donc un triplement de l’accès en trois ans. Ce triplement de vies sauvées nécessite bien évidemment, en regard, un triplement des financements. Il s’agit donc de belles paroles, de beaux discours risquant d’être morts nés.

Tout ceci est d’autant plus inadmissible que l’Etat UMP n’hésite pas à expulser des étrangers, certes en situation irrégulière, mais malades et qui ne pourront pas être soignés dans leur pays d’origine.

Nous savions que les mots et l’esbrouffe étaient au coeur de l’action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, il est néanmoins intolérable que cela soit également le cas lorsqu’il s’agit de sujets graves, tels que le Sida ! Notre mibilisation en tant que jeunes socialistes est donc plus que jamais nécessaire !

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