NON AU SERVICE NATIONAL OBLIGATOIRE !


Nous, Jeunes Socialistes de Gironde, nous opposons au Service National Obligatoire, un projet démagogique et d’un autre temps.

Le projet de service national obligatoire, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, aujourd’hui porté par son gouvernement révèle une vision archaïque et paternaliste, visant à flatter les idées les plus conservatrices. Nous ne pouvons pas répondre aux enjeux actuels – de lutte contre le terrorisme et d’intégration – avec les solutions d’hier.

Emmanuel Macron et son gouvernement prennent le parti de ceux qui pensent la jeunesse comme illégitime à décider elle-même de son sort, une jeunesse irresponsable qui doit être redressée et se conformer pour être acceptée. En somme une jeunesse que l’on doit éduquer. C’est pourtant oublier l’engagement des jeunes au quotidien dans notre société. Ces derniers créent, s’engagent, innovent et luttent pour leurs droits. C’est une jeunesse enrichie par la diversité, une jeunesse qui n’a pas besoin qu’on la formate mais qu’on lui donne les moyens de son émancipation.

Après la rédaction de deux rapports sur le sujet, le projet qui se dessine serait un service national obligatoire d’un mois, dont une partie en internat, pendant les vacances scolaires. Celui-ci concernerait tous les jeunes, dès leur entrée en classe de seconde, de manière mixte, soit 800 000 personnes chaque année.

Les divers fantasmes conservateurs que suscite ce projet de loi doivent être confrontés aux réalités matérielles et communautaires d’aujourd’hui. D’une part, la réalisation du service national fait face à une contrainte budgétaire majeure : son coût de près de 3 milliards d’euros par an, en plus des 3 milliards déjà nécessaires pour la reconstruction d’infrastructures d’accueil, supprimées en 2008.
A l’heure où le gouvernement baisse les APL et sélectionne les étudiant.e.s à l’entrée des universités faute de place, il s’agit de dépenser tous les ans l’équivalent du quart du budget du ministère de l’enseignement supérieur. Ces dépenses pourraient être mieux allouées en permettant à chacun d’avoir accès à l’enseignement qu’il souhaite.

D’autre part, ce projet se heurte aux limites du droit. En effet, ce dispositif, qui s’apparente à un travail obligatoire de mineurs pendant les vacances scolaires, est incompatible avec la convention n° 29 de l’Organisation Internationale du Travail du 28 juin 1930 et la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et ne peut se justifier que par l’engagement de la France dans une situation de guerre. Le gouvernement, loin de prendre en compte les dispositions européennes, choisit de se distinguer des autres pays du continent qui ont, en grande majorité, abandonné toute obligation de service national.

Enfin, le Service National Obligatoire est source d’inégalités. Nous pouvons facilement imaginer, comme lors du service militaire, des personnes se jouant des failles du système et utilisant leurs relations pour se dispenser de cet exercice contraignant. De plus, la mixité sociale et la fraternité, ne s’imposent pas en un mois, elles sont le résultat d’un processus, volontariste, bien plus long. Une mixité sociale de façade et un simulacre d’unité républicaine ne serviront pas à régler les problèmes auxquels les jeunes font face.

Les jeunes, qui sont pourtant les premiers concernés par le projet n’ont pas été consultés, ni à titre personnel, ni au nom de leurs organisations représentatives. Nous ne pouvons que déplorer l’absence de concertation dans un projet d’une telle ampleur et afin de faire entendre la voix des jeunes, nous lancerons dès aujourd’hui un questionnaire, permettant à chacun de donner son avis sur le sujet.

Le MJS Gironde s’inscrit dans une opposition résolue au Service National Obligatoire. L’engagement s’il est forcé perd tout son sens et ne permettra nullement, dans la durée, davantage de mixité et de cohésion sociale. Ce n’est pas le Service National, symbolique et superficiel, qui répondra aux enjeux de radicalisation, d’intégration et de mixité sociale. D’autres alternatives sont possibles. Nos propositions sont simples et se résument en quatre axes centraux :

Tout d’abord, revaloriser la rémunération du service civique, un dispositif efficace d’inclusion et d’engagement volontaire qui a fait ses preuves, pour lui donner les moyens de ses ambitions.
Redonner ses lettres de noblesse à l’école de la République qui doit redevenir un lieu d’apprentissage de la citoyenneté, en accordant davantage de temps et de moyens à l’éducation civique, souvent négligée.
Réformer la JDC, afin d’en faire une véritable étape citoyenne avec une sensibilisation au vote, une prévention aux risques et une formation premiers secours systématique et pour tou.te.s.
Enfin, plutôt que de contraindre et d’infantiliser les jeunes, permettons leur émancipation avec une allocation d’autonomie de 600 euros en moyenne pour tous les étudiant.e.s et acti.f.ve.s de 18 à 25 ans.

La citoyenneté n’est pas le monopole de quelques législateurs ou exécutants politiques, elle est notre identité collective, les jeunes participant tous les jours à la vie démocratique de notre pays.

La République ne s’apprend pas dans les casernes, non au Service National Obligatoire !

www.non-au-service-national-obligatoire.fr

Contact Presse :
Inès Rabeï – Animatrice Fédérale du Mouvement des Jeunes Socialistes de Gironde
06.04.14.59.66

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