Notre vision de l’international


Intervention des Jeunes Socialistes de Gironde lors du débat sur la convention nationale du PS sur l’international.

Le monde a changé plus vite ces dernières années qu’il n’avait jamais changé. Depuis 1989 et la fin de l’Union Soviétique, la Chine s’est éveillée, les Etats-Unis sont entrés deux fois en guerre, le terrorisme a frappé plusieurs fois les pays occidentaux, le climat est devenu un sujet mondial de préoccupation, les épidémies continuent de décimer une Afrique toujours maintenues sous le joug de nouveaux colons, le conflit israélo-palestinien perdure, l’Amérique Latine se relève d’une crise financière quand le monde occidental y sombre à son tour. Les rapports de force ont considérablement changé.

Pourtant, la politique étrangère actuelle de la France ne s’adapte pas à un monde en mouvement, manque de cohérence et déphasage avec l’actualité. Nicolas Sarkozy a commis deux erreurs majeures depuis le début de son mandat, menant une politique internationale dont la France ne peut pas aujourd’hui se targuer. La France ne devait pas réintégrer le commandement intégré de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), pas plus que nous n’aurions dû laisser se distendre nos liens avec notre partenaire allemand.

Aujourd’hui, les enjeux de la France dans un monde qui change sont pourtant immenses.

Il nous faut redéfinir l’ONU (Nations Unies), sa représentativité et son rôle comme centre de la politique internationale aux côtés d’organismes périphériques que sont l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ou le FMI (Fonds Monétaire International). Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit être repensé pour le rendre plus représentatifs des équilibres géopolitiques actuels. En parallèle de l’entrée de nouveaux pays au Conseil, le siège de la France et de la Grande-Bretagne doivent être fusionné au profit d’un siège unique pour l’UE (Union Européenne). L’ONU, ainsi réformé pour que chaque pays puisse équitablement y faire entendre sa voie, devra être le cœur du système international. Il donnera la direction et la légitimité politique à l’ensemble des organisations internationales (OMC, FMI, Banque Mondiale en particulier) afin que celles-ci restent sous le contrôle du politique et cessent d’être les promoteurs d’un néo-libéralisme qui a fait la preuve de son échec.

L’Union Européenne doit également prendre toute sa place dans nos réflexions. Nous devons la promouvoir comme modèle de paix et de sécurité interrégionales, qu’elle a été depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et renforcer sa politique de défense et sa représentation sur la scène internationale. Les politiques communes européennes comme la Politique Agricole Commune doivent certes être renforcées, mais il faut aujourd’hui reconnaître leurs lacunes. La PAC fait face à un réel manque d’équité dans la répartition de ses subventions notamment, et ne peut encore ignorer les problèmes environnementaux et sanitaires qui se posent à elle, enfin, son objectif originel d’autosuffisance alimentaire doit être retrouvé.

Quant à la finance internationale, elle semble être la grande oubliée de ce texte, dans un contexte de crise financière dont les séquelles se font pourtant encore aujourd’hui sentir pour des millions d’êtres humains. Où sont passées les réflexions des socialistes sur la mise en place d’une taxation sur la spéculation financière, d’une limitation des dividendes des entreprises ? Pourquoi ne pas mentionner la réforme fondamentale du FMI ?

Mais nous tenons avant tout à saluer les avancées de ce texte, ainsi que les positions du PS sur le renforcement du rôle du parlement en matière de politique internationale et de défense. Nous proposerions en plus de redonner un vrai rôle aux commissions des affaires étrangères dont la présidence devra être confiée à un membre de l’opposition afin de garantir une réelle gestion démocratique de la politique étrangère française.

Pour aller plus loin, nous pensons qu’un système international équilibré et efficace pour garantir la paix et la coopération entre les nations a besoin d’un droit international qui soit pleinement appliqué et sanctionné. Une action volontariste devra être menée afin d’assurer et de faire reconnaître par tous les pays l’autorité de la Cour Pénale Internationale. Cela passe d’abord par la suppression des réserves émises par la France quant à la soumission de l’Etat et ses ressortissants à l’autorité de cette juridiction.

Enfin, une dernière interrogation se pose à nous : pourquoi avoir inséré un paragraphe sur les Français expatriés dans la conclusion d’un texte de positions socialistes ambitieuses en vue de 2012 ? Nous émettons simplement quelques réserves quant à la présence de cet extrait dans la conclusion, où il n’a pas sa place, tout en saluant les avancées que ce texte apporte dans la dynamique de construction d’un programme pour 2012.

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