Réforme des retraites : discours de Juliette Perchepied lors du 32ème banquet de La Gerbaude


Chers camarades socialistes,

C’est avec grand plaisir que j’interviens ce soir à ce grand rassemblement des socialistes de Gironde en tant qu’Animatrice Fédérale des Jeunes Socialistes de Gironde.

Ce soir, je souhaiterais vous parler du sujet qui occupe principalement l’attention des françaises et des français et qui attire l’attention de plus en plus insistante de la jeunesse. Je veux bien évidemment parler de la réforme des retraites.

On dit bien souvent que la retraite ne peut être une préoccupation de la jeunesse, tant les perspectives de se retirer de la vie active semblent loin pour un jeune qui n’est pas encore considéré comme un « actif ». Or, en voulant évincer la jeunesse du mouvement de contestation qui s’est mis en marche, le gouvernement est pourtant face à un paradoxe. En effet, il ne cesse de rappeler que la réforme des retraites concerne « l’avenir du pays », mais dans un même mouvement schizophrénique, il en vient à évincer la jeunesse du débat politique, alors qu’il est indéniable que c’est elle qui représente cet « avenir du pays ».

Alors, que le gouvernement ne s’étonne pas si la jeunesse est dans la rue, car oui, elle est dans la rue ! Mais elle ne demande qu’une chose : qu’on entende son crie t qu’on l’écoute enfin !

Malgré le mépris du Gouvernement face aux problèmes de la jeunesse en France, il s’avère toutefois qu’elle a su s’organiser de manière efficace. Un « collectif jeune » a donc été créé qui, je dois le dire, a été remarquable de propositions et d’investissement ! Le but de ce collectif est de porter les problématiques des jeunes d’aujourd’hui et d’y trouver des solutions et notamment en termes d’emplois, élément essentiel de la réforme des retraites. A l’insertion professionnelle tardive et difficile, s’ajoute souvent de longs et nombreux stages avant de trouver enfin un premier emploi stable, qui sera bien malheureusement dans de très nombreux cas un CDD ou un emploi précaire. A l’envers du décor d’une jeunesse marginalisée, le collectif « la retraite, une affaire de jeunes ! » est de tous les combats pour faire reculer les injustices et pour apporter une alternative.

Ce qui règne aujourd’hui dans la tête du gouvernement, c’est le règne de l’atonie, autant que de l’ineptie, le règne du « on dit » face à la fatalité. Ce qui démontre finalement d’une manière criante le manque cruel de courage ainsi que le manque flagrant de vision face aux défis de la société de demain.

Aujourd’hui, le gouvernement nous explique qu’il n’y a qu’une seule voie de réforme possible, celle de l’allongement de la durée de cotisation. Les projections scientifiques présentées sont très incertaines, et ne prennent pas en compte le regain démographique affirmé de ces dernières années et qui sont pourtant autant de cotisations futures.

Nous sommes pourtant tous d’accord : le système de retraite doit être réformé. Mais ce n’est pas parce qu’il doit être réformé qu’il n’y a qu’une seule solution possible.

Car avant toute chose, il y a des constats qui ne trompent pas et qui néanmoins semblent laisser le Gouvernement indifférent : nous avons en France 1 million de retraités vivant sous le seuil de pauvreté, et dont 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros par mois. Je pense qu’ils méritent bien mieux que ce qu’on leur propose.

Ce gouvernement n’a de cesse de nous dire que l’allongement de la durée de cotisation est une fatalité ! En fait, la seule chose qui a été fatale ce sont les multiples réformes engagées depuis 1993 qui avaient pour but d’augmenter la durée de cotisation. Alors qu’en 1993, on changeait le mode de calcul en prenant les 25 meilleures années de salaires au lieu des 10 meilleures auparavant, on portait un coup décisif sur les salariés en faisant mécaniquement baisser le niveau des pensions de la plupart des salariés.

Le résultat est donc criant de vérité et sans appel : il faut toujours cotiser plus longtemps pour pouvoir enfin obtenir une retraite à taux plein !

Le gouvernement ajoute le fait que financer la retraite à 60 ans est impossible car l’espérance de vie augmente. Certes, l’espérance de vie augmente, elle est de 77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes. Or, le constat ne peut s’arrêter là puisqu’en réalité l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 62 ans en France. Et de fait, dans sa réforme, le gouvernement ne prend pas en compte le critère de la pénibilité avec toute la mesure qui s’impose. Alors vivre vieux, moi je dis oui, mais dans quelles conditions ?

Pour rappel, si on vit aujourd’hui plus vieux en France, c’est aussi parce que l’on travaille moins longtemps et dans de meilleures conditions, notamment grâce au partage du temps de travail.

Enfin, faut-il encore rappeler que le problème des retraites n’est pas un problème démographique ? En effet, la France est un pays qui s’enrichit tous les ans grâce à la productivité des salariés français qui est une des meilleures d’Europe. En vérité, le réel problème réside dans le fait surtout que les richesses produites ne vont pas pour partie aux salariés, et n’atterrissent donc pas dans les caisses de l’État. A l’inverse, et de manière outrancière, il s’avère que pourtant en période de crise, le CAC 40 annonce des bénéfices vertigineux !

Surtout, ce qu’on oublie souvent : c’est que le déficit des comptes sociaux actuel ne tombe pas du ciel. Il a plusieurs raisons. Elles s’appellent exonération de cotisations patronales, politiques publiques en faveur des emplois précaires à bas-salaires, ou chômage de masse…

Ce constat injuste impose aux socialistes de trouver des solutions nouvelles pour de nouvelles sources de recettes en élargissant les revenues assujettis aux cotisations patronales et sociales, aux stocks options, en supprimant les niches fiscales et en taxant les mouvements de capitaux.

En parallèle, le système ne pourra pas être réformé sans politique volontariste sur la question de l’emploi. Il s’agira notamment de s’attaquer enfin au problème du chômage des jeunes et des plus de 50 ans qui peinent à retrouver du travail. Augmenter la durée de cotisation ne fera que les entraîner dans une retraite encore plus précaire. Il faut donc favoriser l’emploi en France, et augmenter les salaires pour augmenter les cotisations sociales. C’est tout le sens de la campagne « 4 millions d’emploi, c’est possible » lancée par les Jeunes Socialistes !

Je voudrais ainsi terminer ce discours par un propos imagé si vous me le permettez.

En effet, on pourrait comparer le difficile problème de la réforme des retraites à une grande pente du Tour de France. Et vous n’êtes peut-être pas sans savoir que la passion notre cher Président de la République se porte sur le cyclisme. Et bien, je vous le dis, notre situation actuelle se réduit en fait à cette métaphore. Nicolas Sarkozy tente seul de gravir une pente vertigineuse sur laquelle il n’a bien évident que peu d’adhérence, même dopé à « l’insu de son plein gré », la gravité le fera peu à peu, mathématiquement reculer.

En tout cas, ce qui peut être affirmé haut et fort ce soir, c’est que cette réforme ne se fera pas à l’insu de la jeunesse, d’une jeunesse soucieuse d’un avenir meilleur, d’une jeunesse qui se décline en France aujourd’hui de l’âge de 7 à 67 ans !

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