La santé publique, enjeu majeur d’égalité républicaine


Résolution adoptée en Conseil National des Jeunes Socialistes les 6 et 7 février 2010

Alors que la menace de la grippe A fit la une des médias pendant des mois, dévorant l’espace
consacré à la santé dans l’actualité, d’autres problématiques se font entendre en ce début d’année
2010. Ainsi, les suppressions de postes dans les hôpitaux, l’influence de l’industrie pharmaceutique
en matière d’expertise épidémiologique et l’absence de moyens alloués au plan cancer 2
ressortent sur le devant de la scène. Tous ces sujets sont liés parce qu’ils mettent en évidence une
stratégie du gouvernement actuel visant à privilégier la communication au service des intérêts de
quelques uns au détriment de la santé du plus grand nombre.

Il s’agit d’une politique nationale et, partout en France, on détruit des hôpitaux de proximité tout en
se débarrassant au passage d’une partie des personnels travaillant dans ce secteur. Cette
politique se fait au détriment de la qualité des soins, contre la volonté du personnel hospitalier et
contre l’avis des élus locaux. Les rythmes de travail sont d’ors et déjà à la limite de l’insoutenable
dans certains services hospitaliers en sous-effectif : nous devons donc, avec les élus socialistes,
exiger un moratoire sur les suppressions de poste à l’hôpital.

Néanmoins, nous ne pouvons pas nous exonérer d’une réflexion sur la répartition des moyens
alloués à la santé en France. En parallèle à ces suppressions de poste, 869 millions d’¤ ont été
dépensés en vaccin contre la grippe A, sans compter les masques et le Tamiflu (acheté en quantité
extravagante). Dans un autre registre, 732 millions d’¤ sont prévus pour le plan cancer 2 : passons
sur les tours de passe-passe budgétaire qui ne laisseront qu’une minorité de cette somme en
investissement réel. Inspiré de la guerre contre le cancer (war on cancer) de Nixon, qui dure depuis
40 ans, a absorbé des milliards et est généralement considéré comme un échec, le premier plan
cancer de Jacques Chirac a été rudement critiqué par la Cour des comptes et le Haut conseil de la
santé publique. Cela n’empêche pas son successeur de recommencer la même chose dans
l’espoir de réaliser un coup de communication sur un sujet sanitaire, tout comme il l’a fait avec le
plan alzheimer.

En conséquence, nous prônons de revenir aux fondamentaux en délaissant cette volonté
compulsive d’instrumentalisation de la santé et cette logique purement comptable (avec la hausse
du forfais hospitalier par exemple): tâchons de financer des hôpitaux proposant une meilleure
qualité des soins (notamment en supprimant la T2A qui asphyxie les établissements publics de
santé et empêche l’accomplissement de certaines missions de service public : lutte contre le VIH,
pédiatrie, longs séjours, etc), de privilégier la médecine de proximité (par exemple en soutenant les
régions socialistes qui proposent des aides à l’installation des jeunes médecins dans les zones en
manque) et de développer la prévention. Mais pour cela, il faudra résister aux sirènes de l’industrie
pharmaceutique et des agences de communication politique qui nous emmènent droit dans le
mur.

Les jeunes socialistes défendent un véritable service public de la santé accessible à tous, partout
sur le territoire de la république. Nous nous opposons par conséquent à toutes les tentatives du
gouvernement visant à mettre en concurrence et à affaiblir les services publics face aux systèmes
privés. Nous choisissons résolument l’intérêt général et l’égalité républicaine contre la logique du
profit sur le dos des malades.

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