Mobilisations sur les retraites : quelles leçons tirer ?

résolution adoptée au Conseil National de novembre 2010

La réforme des retraites conduite par Nicolas Sarkozy est caractéristique de la politique menée par la droite depuis 2002 : une politique de classe dans l’intérêt d’une infime minorité, la plus riche, au détriment de la majorité de la population.

La retraite à taux plein sera désormais un horizon inatteignable pour la plupart des salariés. Ceux qui en auront les moyens se tourneront vers la capitalisation tandis que les autres auront une retraite qui ne leur permettra pas de vivre décemment. C’est l’individualisme contre la solidarité entre générations.

Mené par un front syndical uni, le mouvement social a mobilisé plusieurs millions de personnes en deux mois et avec le soutien de plus de 70% des français. La jeunesse s’est fortement mobilisée, démontrant ainsi à quel point le droit à l’avenir et le droit à la retraite sont des préoccupations fortes pour notre génération.

En face, Sarkozy a refusé toute négociation. Ce déni de démocratie montre un président en difficulté qui ne ressort pas victorieux de ce conflit. Au contraire, le mouvement social a permis de gagner la bataille idéologique contre la politique que mène la droite et de faire émerger de nouvelles exigences sociales.

La gauche, unie, a su être au rendez-vous de cette mobilisation en jouant son rôle d’opposition politique et de soutien du mouvement social. Elle doit maintenant tirer les leçons de ce mouvement en offrant un débouché politique qui soit à la hauteur de la volonté de changement des salariés.

La famille socialiste doit répondre aux aspirations qui se sont exprimées. Il faudra indiscutablement revenir sur « les mesures d’âge » en rétablissant la retraite à 60 ans. Mais cela ne sera pas suffisant, car il nous faudra poser le vrai débat, celui du montant des pensions ; la situation subie du marché du travail ne permet pas aux salariés de cotiser suffisamment longtemps, il nous faudra donc pour défendre une retraite décente pour tous, revenir sur l’augmentation de la durée de cotisation.

D’autres revendications se sont également fait jour : répartition des richesses par l’augmentation des salaires et par la hausse des impôts pour les riches, plein emploi, lutte contre le chômage et la précarité, protections sociales élargies, services publics de qualité…

Le message est clair : le refus de la rigueur et des politiques d’austérité. Ce n’est pas aux salariés et aux jeunes de payer la crise. Les caisses de l’État sont vides alors que la richesse produite ne cesse d’augmenter. Les solutions existent pour ne pas se contenter d’une politique de gauche au rabais.

Pour que la gauche revienne au pouvoir en 2012, elle devra savoir se rassembler et avoir la volonté politique de dégager les marges de manœuvre pour mener une réelle politique de gauche pour transformer la société.

Le 6 novembre, les jeunes seront encore mobilisés !

Samedi prochain, 6 novembre, nous nous retrouverons pour manifester notre opposition à la réforme des retraites ! Le rendez-vous est fixé à 14h30, place de la Victoire (devant l’Université Bordeaux II).

La mobilisation reste encore essentielle ! Malgré le passage en force du gouvernement devant le Parlement, la victoire reste possible. Le CPE avait été retiré bien après avoir été voté ! Nous continuons donc à défendre nos revendications !
A samedi !

Être responsable, c’est manifester !


La droite sacrifie notre génération

  • Ils veulent nous faire travailler jusqu’à 67 ans
  • Ils cassent notre éducation
  • Ils ne font rien pour l’emploi des jeunes

Les jeunes socialistes s’engagent pour notre avenir

  • Rétablir la retraite à 60 ans à taux plein
  • Tenir compte des années d’études pour compenser l’insertion plus tardive dans l’emploi
  • Augmenter les salaires
  • Investir massivement dans l’emploi car 100000 emplois créés, c’est 1,5 milliards d’euros de cotisations
  • Créer 350000 emplois notamment pour répondre à l’exigence écologique et offrir une première expérience dans les secteurs des emplois de demain
  • Mettre en place un parcours d’autonomie avec une allocation d’autonomie pour permettre aux jeunes d’étudier sans se salarier

Revue de presse : Entre 3.500 et 5.000 lycéens et étudiants dans les rues de Bordeaux

Le Parisien.fr

21.10.2010, 12h31

Entre 3.500 lycéens et étudiants, selon la police, et 5.000, selon les organisateurs, ont manifesté jeudi matin dans le centre de Bordeaux, dans le calme, pour protester contre la réforme des retraites.

Le cortège, solidement encadré par des représentants de la CGT et de la FSU notamment, est parti de la place de la Victoire, dans le quartier étudiant, pour arriver devant la préfecture où une centaine de militants syndicaux (CGT, Sud, FO) se trouvaient.
Derrière une banderole de tête du collectif “la retraite une affaire de jeunes, défendons la retraite à 60 ans”, les lycéens et étudiants, appelés à manifester entre autres par le MJS, le MJC, l’UEC et l’UNEF, ont défilé aux cris de “la réforme sévit, la retraite se vit” ou “Sarko, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue”.
Parmi les pancartes fleurissant dans le cortège, on pouvait lire “On aurait bien brûlé cette réforme mais il n’y a plus d’essence” ou “Mon papy m’a pris mon job”.
En fin de manifestation, un appel a été lancé pour rejoindre Carbon-Blanc (banlieue bordelaise), où une plate-forme logistique qui approvisionne les supermarchés du groupe Auchan du Sud-Ouest est bloquée depuis la nuit dernière par 200 personnes à l’appel de l’intersyndicale.

Réforme des retraites : nouveau rassemblement des jeunes jeudi 21 octobre à Bordeaux !

Rendez-vous place de la victoire à Bordeaux jeudi 21 octobre à 10h30 à l’appel des membres du collectif “la retraites, une affaire de jeunes !” et des facultés bordelaises mobilisées ( Bordeaux 2, 3…) !

Signez l’appel ! Signer

Réforme des retraites : discours de Juliette Perchepied lors du 32ème banquet de La Gerbaude

Chers camarades socialistes,

C’est avec grand plaisir que j’interviens ce soir à ce grand rassemblement des socialistes de Gironde en tant qu’Animatrice Fédérale des Jeunes Socialistes de Gironde.

Ce soir, je souhaiterais vous parler du sujet qui occupe principalement l’attention des françaises et des français et qui attire l’attention de plus en plus insistante de la jeunesse. Je veux bien évidemment parler de la réforme des retraites.

On dit bien souvent que la retraite ne peut être une préoccupation de la jeunesse, tant les perspectives de se retirer de la vie active semblent loin pour un jeune qui n’est pas encore considéré comme un « actif ». Or, en voulant évincer la jeunesse du mouvement de contestation qui s’est mis en marche, le gouvernement est pourtant face à un paradoxe. En effet, il ne cesse de rappeler que la réforme des retraites concerne « l’avenir du pays », mais dans un même mouvement schizophrénique, il en vient à évincer la jeunesse du débat politique, alors qu’il est indéniable que c’est elle qui représente cet « avenir du pays ».

Alors, que le gouvernement ne s’étonne pas si la jeunesse est dans la rue, car oui, elle est dans la rue ! Mais elle ne demande qu’une chose : qu’on entende son crie t qu’on l’écoute enfin !

Malgré le mépris du Gouvernement face aux problèmes de la jeunesse en France, il s’avère toutefois qu’elle a su s’organiser de manière efficace. Un « collectif jeune » a donc été créé qui, je dois le dire, a été remarquable de propositions et d’investissement ! Le but de ce collectif est de porter les problématiques des jeunes d’aujourd’hui et d’y trouver des solutions et notamment en termes d’emplois, élément essentiel de la réforme des retraites. A l’insertion professionnelle tardive et difficile, s’ajoute souvent de longs et nombreux stages avant de trouver enfin un premier emploi stable, qui sera bien malheureusement dans de très nombreux cas un CDD ou un emploi précaire. A l’envers du décor d’une jeunesse marginalisée, le collectif « la retraite, une affaire de jeunes ! » est de tous les combats pour faire reculer les injustices et pour apporter une alternative.

Ce qui règne aujourd’hui dans la tête du gouvernement, c’est le règne de l’atonie, autant que de l’ineptie, le règne du « on dit » face à la fatalité. Ce qui démontre finalement d’une manière criante le manque cruel de courage ainsi que le manque flagrant de vision face aux défis de la société de demain.

Aujourd’hui, le gouvernement nous explique qu’il n’y a qu’une seule voie de réforme possible, celle de l’allongement de la durée de cotisation. Les projections scientifiques présentées sont très incertaines, et ne prennent pas en compte le regain démographique affirmé de ces dernières années et qui sont pourtant autant de cotisations futures.

Nous sommes pourtant tous d’accord : le système de retraite doit être réformé. Mais ce n’est pas parce qu’il doit être réformé qu’il n’y a qu’une seule solution possible.

Car avant toute chose, il y a des constats qui ne trompent pas et qui néanmoins semblent laisser le Gouvernement indifférent : nous avons en France 1 million de retraités vivant sous le seuil de pauvreté, et dont 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros par mois. Je pense qu’ils méritent bien mieux que ce qu’on leur propose.

Ce gouvernement n’a de cesse de nous dire que l’allongement de la durée de cotisation est une fatalité ! En fait, la seule chose qui a été fatale ce sont les multiples réformes engagées depuis 1993 qui avaient pour but d’augmenter la durée de cotisation. Alors qu’en 1993, on changeait le mode de calcul en prenant les 25 meilleures années de salaires au lieu des 10 meilleures auparavant, on portait un coup décisif sur les salariés en faisant mécaniquement baisser le niveau des pensions de la plupart des salariés.

Le résultat est donc criant de vérité et sans appel : il faut toujours cotiser plus longtemps pour pouvoir enfin obtenir une retraite à taux plein !

Le gouvernement ajoute le fait que financer la retraite à 60 ans est impossible car l’espérance de vie augmente. Certes, l’espérance de vie augmente, elle est de 77 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes. Or, le constat ne peut s’arrêter là puisqu’en réalité l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 62 ans en France. Et de fait, dans sa réforme, le gouvernement ne prend pas en compte le critère de la pénibilité avec toute la mesure qui s’impose. Alors vivre vieux, moi je dis oui, mais dans quelles conditions ?

Pour rappel, si on vit aujourd’hui plus vieux en France, c’est aussi parce que l’on travaille moins longtemps et dans de meilleures conditions, notamment grâce au partage du temps de travail.

Enfin, faut-il encore rappeler que le problème des retraites n’est pas un problème démographique ? En effet, la France est un pays qui s’enrichit tous les ans grâce à la productivité des salariés français qui est une des meilleures d’Europe. En vérité, le réel problème réside dans le fait surtout que les richesses produites ne vont pas pour partie aux salariés, et n’atterrissent donc pas dans les caisses de l’État. A l’inverse, et de manière outrancière, il s’avère que pourtant en période de crise, le CAC 40 annonce des bénéfices vertigineux !

Surtout, ce qu’on oublie souvent : c’est que le déficit des comptes sociaux actuel ne tombe pas du ciel. Il a plusieurs raisons. Elles s’appellent exonération de cotisations patronales, politiques publiques en faveur des emplois précaires à bas-salaires, ou chômage de masse…

Ce constat injuste impose aux socialistes de trouver des solutions nouvelles pour de nouvelles sources de recettes en élargissant les revenues assujettis aux cotisations patronales et sociales, aux stocks options, en supprimant les niches fiscales et en taxant les mouvements de capitaux.

En parallèle, le système ne pourra pas être réformé sans politique volontariste sur la question de l’emploi. Il s’agira notamment de s’attaquer enfin au problème du chômage des jeunes et des plus de 50 ans qui peinent à retrouver du travail. Augmenter la durée de cotisation ne fera que les entraîner dans une retraite encore plus précaire. Il faut donc favoriser l’emploi en France, et augmenter les salaires pour augmenter les cotisations sociales. C’est tout le sens de la campagne « 4 millions d’emploi, c’est possible » lancée par les Jeunes Socialistes !

Je voudrais ainsi terminer ce discours par un propos imagé si vous me le permettez.

En effet, on pourrait comparer le difficile problème de la réforme des retraites à une grande pente du Tour de France. Et vous n’êtes peut-être pas sans savoir que la passion notre cher Président de la République se porte sur le cyclisme. Et bien, je vous le dis, notre situation actuelle se réduit en fait à cette métaphore. Nicolas Sarkozy tente seul de gravir une pente vertigineuse sur laquelle il n’a bien évident que peu d’adhérence, même dopé à « l’insu de son plein gré », la gravité le fera peu à peu, mathématiquement reculer.

En tout cas, ce qui peut être affirmé haut et fort ce soir, c’est que cette réforme ne se fera pas à l’insu de la jeunesse, d’une jeunesse soucieuse d’un avenir meilleur, d’une jeunesse qui se décline en France aujourd’hui de l’âge de 7 à 67 ans !

Revue de presse du MJS33: 15/10/2010, Sud Ouest

Lycées : la pression monte

La mobilisation lycéenne a franchi un cap hier avec des perturbations, et parfois des blocages, dans plusieurs centaines de lycées de toute la France.

La région a vu fleurir des cortèges de lycéens, comme ici celui de La Rochelle. photo xavier léoty

Il a fallu quelques jours. Mais la mayonnaise de la contestation semble vouloir prendre dans les lycées de France. Hier, les principales organisations lycéennes, Fidl et UNL, ont comptabilisé près de 900 établissements perturbés d’une façon ou d’une autre par des lycéens qui protestaient contre la réforme des retraites, et autour de 400 à 500 « bloqués », même si la définition de ce terme semblait hier un peu incertaine. Guerre des chiffres oblige, le ministère en a dénombré moitié moins. Il était hier raisonnable d’estimer que 15 % des lycées ont connu des perturbations diverses et variées.

Ces manifestations ont même tourné à l’affrontement dans la banlieue parisienne. À Argenteuil, les forces de l’ordre ont dispersé sans ménagement plusieurs rassemble- ments. Les projectiles ont fusé et les policiers ont utilisé des Flash-Ball, notamment à Montreuil, où un adolescent a été blessé par un tir.

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a appelé hier les parents à « prendre leurs responsabilités » après cet incident. Du côté de la FCPE, principale organisation de parents d’élèves, on a « incité les parents à accompagner leurs enfants manifestants », tout en « déplorant les propos des responsables sur la « manipulation » des lycéens.

Dans la région, les actes de protestation n’ont pas manqué. Des tentatives de blocage avortées qui se sont transformées le plus souvent en barrages filtrants temporaires ou en cortèges dans les rues. C’était le cas dans plusieurs établissements de l’agglomération bordelaise, où 2 000 lycéens se sont joints à d’autres opposants à la réforme dans l’après-midi. Dans la région, on a dénombré plusieurs centaines de protestataires avec des fortunes diverses, à Mont-de-Marsan (1 000), Pau (150), Oloron (500), Périgueux (200), Dax (900), Angoulême (500), Saintes (300), etc.

Mobilisés par Internet ou SMS

Des mouvements largement facilités par l’utilisation d’Internet et des SMS, qui ont permis de mobiliser rapidement ces centaines de lycéens. Mais aucun blocage permanent de lycée n’a eu lieu.

Le recteur de l’académie de Bordeaux, Jean-Louis Nembrini, a d’ailleurs fait part dès mercredi à « Sud Ouest » de sa farouche opposition à ceux qui entravent « la liberté d’aller en cours des lycéens ».

Pour la représentante des jeunes UMP de Gironde, Laetitia Jarty, il s’agit d’une « attitude scandaleuse » : « Lorsqu’on interroge ces lycéens, on voit qu’ils ne savent même pas pourquoi ils sont là. Ou alors pour de mauvaises raisons. Ils voient simplement le fait qu’ils ne vont pas en cours. »

De nombreux représentants de partis politiques de gauche étaient effectivement sur place. La représentante des Jeunes Socialistes girondins, Juliette Perchepied, étudiante à Sciences Po, ne conteste pas cette présence. « Les lycéens sont responsables et très bien informés. Personne ne les a forcés. Ils vont dans la rue car il s’agit de leur avenir. C’est un cri qui s’est exprimé, il faut que le gouvernement entame le dialogue. »