Un nouveau Bretton Woods


 

Résolution des Jeunes Socialistes votées lors du Conseil National du 12 mars 2011

Depuis 2008, la refondation d’un nouvel ordre économique mondial constitue le leitmotiv des dirigeants de la planète. Cependant les rivalités entre les puissances et les logiques à court-terme ont déjà repris l’ascendant. Nicolas Sarkozy, pendant quelques jours promoteur de la taxation financière, n’a cessé depuis son élection de mener une politique économique et sociale au service des actionnaires. Ignorer la coopération, penser d’abord à sa nation sont incompatibles avec la recherche de la stabilité économique mondiale.

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C’est une faute conceptuelle: considérer que poser le problème au sein du G20 fera avancer la solution. Les Etats-Unis et la Chine discuteraient ensemble, le gendarme FMI surveillerait, on intégrerait pleinement le yuan dans le système monétaire international et l’harmonie viendrait. Non! Purement individualistes, les Etats-Unis continuent leur politique de relance par le déficit et continuent leur politique monétaire destructrice pour les autres Etats. Les gouvernements européens sabordent toute action possible de l’Union européenne. Enfin, la Chine maintient sa stratégie d’exportation sans réévaluer sa monnaie, de peur de devoir ouvrir son système bancaire. Par cette guerre monétaire, la crise financière et ses conséquences sociales perdurent.

La faute politique? Considérer que les institutions internationales, dans leur forme actuelle, peuvent avoir une influence positive dans la résolution de cette crise globale. Avant celle-ci, le FMI n’était plus qu’une institution discréditée. Ses politiques aveugles, issues du consensus de Washington, n’ont eu pour seul effet que de privatiser le monde au lieu de travailler à un développement démocratique et durable. Incapable de prévenir la crise financière, le Fonds participe aujourd’hui aux plans d’ajustement structurel brutaux au cœur même de l’Europe. A côté, l’OMC a institutionnalisé le dogme libre-échangiste dans les négociations commerciales sous couvert de démocratie. L’échec du cycle de Doha en est la preuve, cette institution est incapable de mettre en place une réflexion globale ou un cadre au commerce international.

Une réforme du système monétaire est urgente. Face à l’incapacité du système à endiguer la crise, il nous faut aller vers un nouveau « Bretton Woods » prenant en compte la coordination entre zones monétaires et la diversification des devises utilisées dans le commerce international pour réduire les déséquilibres économiques mondiaux. Cette réforme doit s’accompagner de l’apparition d’une véritable démocratie mondiale où l’ONU a la première place. Son pouvoir devra être renforcé, le droit de veto abandonné et le conseil de sécurité élargi. L’obligation faite au G20 de collaborer avec l’organisation universelle permettra à ses institutions spécialisées, telle l’OIT mais également, aux pays en développement, de prendre part aux négociations. Enfin, la régulation de la finance internationale doit revenir au cœur des débats. La taxation des opérations spéculatives, la suppression des paradis fiscaux, la lutte contre le gigantisme des établissements bancaires sont autant d’outils qui lutteront contre le capitalisme débridé pour financer celle contre la pauvreté mondiale.

Les urgences sociales ne pouvant plus attendre, les jeunes socialistes seront aux côtés de la société civile à Deauville pour la réunion du G8, et parce que nous croyons dans la vertu de la coopération, nous travaillerons avec les autres organisations membres d’ECOSY sur une résolution européenne pour un nouveau Bretton Woods.

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