Vers un financement public des organisations autonomes de jeunesse politiques


résolution adoptée au Conseil National de novembre 2010

Chacun désormais s’alarme, et à juste titre, du désintérêt croissant des jeunes pour la politique traditionnelle. Pourtant on les aura rarement vu aussi engagés dans les associations, les collectifs, les centres d’initiative qui font la gauche au quotidien. De récentes études révèlent même que les jeunes manifestants sont plus nombreux ces quinze dernières années qu’ils ne l’étaient dans les années 70.

La jeunesse dans toute sa diversité exprime aujourd’hui une soif de politique que les vieilles structures peinent à désaltérer. Oubliés par des programmes qui ne parlent pas d’eux, déroutés par des codes qui ne sont pas les leurs, les jeunes deviennent artisans de leur propre exclusion : il n’est pas étonnant qu’ils désertent les partis comme les urnes.

Afin de répondre à une situation dangereuse pour l’avenir même de notre démocratie, nous devons donner les moyens à ceux qui veulent porter leur propre parole de leur faire. A cet effet, nous proposons une part de financement public dans les organisations autonomes de jeunesse politiques. En effet s’il n’est pas de modèle idéal d’organisation, les structures autonomes contribuent utilement à la singularité de l’expression des jeunes. Or l’autonomie accordée en droit s’arrête en fait devant le mur de l’argent.

Le dispositif s’adresse donc aux organisations à objet politique pourvues d’une limite d’âge, tirant une part substantielle de leurs recettes d’un parti représenté à l’élection présidentielle. Elles doivent disposer d’une trésorerie et d’une adhésion propres, et choisir librement leurs responsables sans pression extérieure. L’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède et d’autres se sont déjà engagés sur cette voie, allant parfois financer jusqu’à 50% du budget des bénéficiaires.

Rappelons ici que la transparence de la vie politique reste au cœur des revendications du MJS. C’est pourquoi ce financement prendra la forme d’une dotation versée directement aux organisations par les pouvoirs publics. Le montant alloué résultera de critères objectifs, non de la volonté du pouvoir en place. En cas de condamnation de l’organisation, le versement n’aura pas lieu.

Loin d’être une utopie, ce projet a sa place dès 2012 dans une grande refonte de la vie politique française.

Les jeunes socialistes s’engagent à produire un texte clair et conséquent qui précisera ce projet.

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